Le conseiller gatinois Richard Bégin a présenté la démarche de l'Ordre des architectes du Québec qui milite pour l'instauration d'une politique québécoise de l'architecture. Une démarche appuyée par la Ville de Gatineau.

Gatineau demande une politique nationale de l'architecture

Des écoles primaires construites sans aucun souci architectural, des quartiers domiciliaires de plusieurs centaines de maisons toutes plus semblables les unes que les autres, ou encore de nouvelles constructions érigées sans considération particulière pour l'efficacité énergétique. Gatineau comme le Québec tout entier a grand besoin d'une politique nationale de l'architecture, croit le président du comité consultatif de l'urbanisme (CCU), Richard Bégin.
Ce dernier se fait ainsi le porte-voix de l'Ordre des architectes du Québec (AOQ) qui milite depuis quelques années pour l'instauration d'une politique québécoise de l'architecture. L'organisation a d'ailleurs récemment lancé une tournée provinciale de consultation à cet effet et sera de passage à Gatineau le 9 mai prochain. 
Le conseil municipal de Gatineau a appuyé la démarche de l'OAQ ainsi que ses recommandations présentées dans le cadre des consultations sur le renouvellement de la politique culturelle du Québec. 
« Il faut voir ce projet sur une base collective, note M. Bégin. Nous vivons depuis les années 1950 dans un monde qui fait dans le peu durable et cela a des conséquences importantes sur la planète. Il faut poser des gestes concrets et cette politique s'inscrit là-dedans. »
Une vingtaine de pays européens se sont déjà dotés d'une telle politique. La France a la sienne depuis les années 1970. « Une politique de l'architecture s'inscrit aussi dans les suites à donner à la Conférence de Paris en 2015 qui force les pays à revoir leurs réglementations dans le domaine de la construction, explique M. Bégin. Une politique pourrait aller jusqu'à forcer l'instauration de normes plus sévères en matière d'efficacité énergétique en obligeant des modifications au Code du bâtiment. »
Promoteurs immobiliers
M. Bégin dit souhaiter la présence des grands promoteurs immobiliers lors du passage de l'OAQ à Gatineau en mai prochain. 
Selon lui, ces derniers pourraient voir leurs façons de faire grandement modifiées par une éventuelle politique sur l'architecture. 
« Il y a moyen d'être plus créatif sans que ça coûte plus cher, estime M. Bégin. Ce que nous vivons actuellement à Gatineau, mais aussi partout au Québec, ce sont des promoteurs immobiliers qui achètent de grands terrains et qui les développent en construisant des centaines de maisons de deux ou trois modèles différents. Il faut une volonté politique si on veut éviter que le patrimoine bâti soit partout le même aux quatre coins du Québec. C'est un peu la même chose pour les nouvelles écoles. On construit des boîtes carrées. Ce n'est rien pour enseigner la beauté et l'importance du patrimoine aux futures générations. »