Les décisions concernant la démolition de bâtiments à Gatineau ne se prendront plus derrière des portes closes.

Gatineau a enfreint la loi pendant des années

La Ville de Gatineau a contrevenu à la loi québécoise pendant des années en prenant à huis clos toutes ses décisions concernant la démolition de bâtiments sur son territoire. Le premier vote du comité de démolition pour autoriser la destruction du vieux presbytère Saint-Rédempteur, le 23 octobre 2017, aura été la fois de trop.

Le citoyen Bill Clennett était présent lors de cette rencontre et s’était opposé à ce que le comité de démolition délibère et prenne sa décision derrière des portes closes. Il a déposé une plainte au Bureau du commissaire aux plaintes du ministère des Affaires municipales. L’enquête menée par le ministère lui a finalement donné raison.

Encore la semaine dernière, lorsqu’interpellée sur cette question par Le Droit, la Ville de Gatineau s’estimait tout à fait dans son droit de laisser le comité de démolition prendre ses décisions à huis clos. Les choses viennent de changer. Le président du comité, Jocelyn Blondin, a annoncé, mardi, que désormais, le comité de démolition allait siéger, délibérer, sauf exception, et prendre ses décisions en toute transparence, en public. « On appliquait la manière de fonctionner en place sans poser de question, a-t-il dit. On s’est aperçu qu’on devait faire ça en public et on va maintenant le faire. »

M. Blondin n’a pas été en mesure d’expliquer pourquoi la quatrième ville au Québec s’est éloignée de la loi pendant tant d’années sans que personne au sein de l’administration ou du conseil municipal intervienne. « C’était une erreur et là on se corrige », a-t-il dit.

Bill Clennett aurait souhaité que le ministère des Affaires municipales pousse cette affaire plus loin qu’un simple appel à la Ville pour lui demander de se conformer. « Il n’y a aucune correspondance écrite du ministère, dit-il. Nous sommes pourtant dans un processus de plainte. Gatineau a enfreint la loi. Il y a lieu selon moi d’aller plus loin. Ce n’est pas un cas individuel qui me touche personnellement. C’est une exigence de la loi qui n’a pas été respectée pendant des années. C’est toute la population de Gatineau qui est concernée. »