Un récent sondage a fourni à la Ville de Gatineau un bon exemple de l’absence des jeunes dans les efforts de consultations.

Future bibliothèque Lucy-Faris: que fera Gatineau de l’opinion des adolescents ?

Les démarches visant à faire de la future bibliothèque Lucy-Faris un immeuble à l’allure architecturale hors du commun sont lancées. La Ville de Gatineau vient de publier un appel d’offres pour l’organisation du concours d’architecture prévu au projet de quelque 40 millions $.

Le même exercice avait été mis en place, en 2017, pour la construction de la nouvelle bibliothèque Donalda Charron, dans le Plateau. Les citoyens en âge de voter avaient alors été appelés à se prononcer sur leur projet préféré parmi les quatre soumis à la population. Le vote populaire avait compté pour 10 % de la note totale du jury. La Ville de Gatineau confirme vouloir faire pour Lucy-Faris un « copier-coller » du concours réalisé il y a trois ans. 

À l’époque, toutefois, le vote des adolescents de 12 à 17 ans n’avait pas été permis, une situation qui mérite d’être révisée pour l’exercice qui s’amorce, estime la coprésidente de la commission jeunesse de Gatineau, Isabelle N. Miron. Le service des communications précise que la Ville souhaite de nouveau impliquer les citoyens dans le processus, mais que les modalités restent à négocier avec l’adjudicataire du contrat qui sera octroyé pour organiser le concours. « Je ne peux pas me prononcer sur la possibilité pour les moins de 18 ans de participer au processus », a affirmé Bianca Paquette, porte-parole de la Ville de Gatineau. 

La partie n’est donc pas encore jouée pour les adolescents dans ce dossier et Mme Miron entend profiter de la porte qui est encore ouverte pour tenter d’inclure les jeunes qui ne sont pas en âge légal de voter de pouvoir participer au concours architectural de Lucy-Faris. 

« Je suis vraiment d’accord avec l’idée de leur permettre de participer, dit-elle. La Ville a déterminé que les jeunes de 12 à 17 ans sont considérés comme des citoyens à part entière. C’est d’ailleurs l’âge qu’il faut avoir pour siéger à la commission jeunesse. »

En entrevue avec Le Droit, Mme Miron s’est engagée à ajouter ce dossier à l’ordre du jour de la prochaine rencontre de la commission jeunesse qui aura lieu plus tard en février. « Si la réponse de la commission est positive, si les jeunes souhaitent participer à ce concours, je vais défendre politiquement leurs vœux devant le conseil municipal et sur la place publique », a-t-elle ajouté. 

Jeunes à l’écart des consultations

À l’automne dernier, des chercheures du Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités de l’Université d’Ottawa sont venues présenter aux élus les résultats d’une recherche sur la commission jeunesse de Gatineau dont les travaux s’étaient étendus sur près trois ans. Stéphanie Gaudet avait indiqué que Gatineau gagnerait à trouver des façons de consulter les jeunes afin d’aller chercher leur opinion sur les différents dossiers municipaux. « Il y a une réflexion à y avoir pour les élus sur comment attirer les jeunes aux consultations organisées par la municipalité, sur une façon d’adapter les consultations pour eux », avait indiqué la chercheure.

Un récent sondage mené par Léger pour le compte de la Ville de Gatineau concernant l’avenir des piscines publiques extérieures et les besoins en termes d’infrastructures aquatiques sur le territoire, et dont les résultats ont été présentés cette semaine au conseil est un bon exemple de l’absence des jeunes dans les efforts de consultations de la Ville de Gatineau. 

Bien qu’ils soient des utilisateurs importants des piscines publiques, l’opinion des 12 à 17 ans n’a pas du tout été considérée dans le cadre de ce sondage. Les 18-24 ans, pour leur part, ne représentaient que 11 % des répondants, soit moins que les 65 à 74 ans, représentés à 15 %.