La présidente de la STO, Myriam Nadeau, a proposé un échéancier qui mènerait à un « rapport d’étape » qui pourrait présenter des « débuts de pistes » à temps pour l’étude du budget 2020.

Fusion de la STO: l’échéancier provoque des tensions au conseil

La réflexion qui s’annonce sur la possible fusion de la Société de transport de l’Outaouais (STO) et de la Ville de Gatineau, et surtout la vitesse à laquelle elle doit se faire, a donné lieu à des moments de vives tensions, mercredi, à la table du conseil municipal.

Le conseiller Gilles Carpentier a sciemment contrevenu au code d’éthique et à la régie interne des élus en brisant un huis clos sur des discussions internes qui avait eu lieu en octobre dernier, alors que le comité sur l’analyse approfondie du budget tentait de s’entendre sur le libellé de la recommandation concernant l’intégration de la STO.

Le Droit rapportait, plus tôt cette semaine, que les conseillers Daniel Champagne et Gilles Carpentier allaient faire front commun pour imposer un échéancier clair menant au dépôt de recommandations dans ce dossier avant la fin de 2019.

Rarement les deux politiciens s’étaient autant retrouvés en porte à faux avec les élus d’Action Gatineau sur un dossier que jeudi.

« J’aurais aimé que ça ne se passe pas comme ça, je n’ai vraiment pas le goût de dire que je m’apprête à dire, mais je suis placé dans une situation où je dois mettre des choses sur la table », a lancé M. Carpentier, devant ses collègues presque médusés. Ce dernier a été rapidement averti par le conseiller Cédric Tessier qu’il était en train de briser un huis clos. « J’en suis tout à fait conscient, mais des choses doivent se dire », a-t-il rétorqué avant de poursuivre.

M. Carpentier a reproché à la présidente de la STO, Myriam Nadeau, d’avoir tenté de faire obstacle à ce que ce soit la Ville de Gatineau qui pilote l’exercice de réflexion sur la fusion entre les deux organisations.

Il a notamment pointé du doigt le conseiller politique du maire, Patrick Robert-Meunier, et le conseiller Tessier, d’avoir voulu diluer la recommandation « au point où elle ne voulait plus rien dire ».

M. Carpentier a ajouté avoir avisé le maire Maxime Pedneaud-Jobin qu’il ne signerait pas son propre rapport sur l’analyse approfondie du budget si la recommandation sur la STO n’était pas suffisamment précise, notamment sur la question des échéances. « Une recommandation sans échéancier, c’est une recommandation bidon », a-t-il insisté.

Mme Nadeau a plutôt proposé un échéancier qui mènerait à un « rapport d’étape » qui pourrait présenter des « débuts de pistes » à temps pour l’étude du budget 2020. MM Champagne et Carpentier souhaitaient plutôt être devant des recommandations fermes et précises avant la fin de l’année 2019.

« Pour que l’exercice soit efficace et probant, il faut que la STO soit mise à contribution de manière sérieuse et dédiée, a mentionné Mme Nadeau. À cet égard, elle aura besoin de temps. La STO est dans une année charnière, elle a plusieurs gros projets sur la table. Un nouveau directeur général n’est en poste que depuis trois semaines. C’est une période très intense et le timing pour contribuer à un appel d’offres [pour analyser la pertinence de la fusion] n’est pas le bon. »

La proposition de Mme Nadeau a finalement obtenu l’appui d’une courte majorité de 10 contre 9.

Les conseillers Jocelyn Blondin, Louise Boudrias et Audrey Bureau ont aidé Mme Nadeau et ses six collègues d’Action Gatineau à remporter ce vote.