Le conseil proposera, jeudi, un échéancier qui lui permettrait d’avoir une première analyse sur une éventuelle fusion à l’automne 2021.

Fusion de la STO: front commun de Carpentier et Champagne

La présidente de la Société de transport de l’Outaouais (STO), Myriam Nadeau, n’affiche pas un enthousiasme débordant face à la proposition d’analyser la pertinence d’une fusion entre le transporteur public et la Ville de Gatineau. Depuis que cette recommandation a fait publiquement surface dans le rapport sur l’analyse approfondie du budget, elle répète qu’il est prématuré de lancer un tel chantier en raison des nombreuses autres priorités actuellement sur la table de l’organisation. Les conseillers Gilles Carpentier et Daniel Champagne sont d’un tout autre avis et entendent bien profiter de l’étude du budget 2019 pour convaincre le conseil municipal d’aller de l’avant dans cet exercice.

« Je comprends que la STO mène plusieurs chantiers actuellement, mais c’est ce qu’elle fait depuis plusieurs années, note M. Champagne. Ça ne sera jamais le bon moment pour le faire. On doit se questionner. Avec une quote-part municipale de près de 70 millions $, il m’apparaît évident que la Ville est un partenaire essentiel de la STO. De prétendre que ce n’est pas un bon moment parce que la STO est débordée, pour reprendre les mots de certains, je ne suis pas d’accord. L’exercice se ferait sous la gouverne de la direction générale de la Ville de Gatineau. C’est la Ville qui va piloter l’exercice. Je ne vois pas pourquoi il y aurait une incapacité de la STO à participer à cette analyse et à répondre aux exigences de cette recommandation. »

Daniel Champagne

Mme Nadeau était absente des discussions sur le budget, mardi, afin de pouvoir être présente, à Montréal, aux funérailles d’État de l’ex-premier ministre Bernard Landry. Le cabinet du maire a fait savoir qu’elle n’était pas disponible pour accorder une entrevue au Droit

M. Carpentier affirme que le comité qu’il a dirigé pour l’analyse approfondie du budget a été unanime sur la nécessité de « prendre un temps de recul pour avoir l’audace et le courage de se demander si on est toujours dans la bonne gouvernance et le bon mode de fonctionnement avec la STO ».


« Ça fait quatre ans que j’en parle à l’interne. La personne la plus surprise de la recommandation semble être la présidente de la STO. »
Gilles Carpentier
Gilles Carpentier

L’ex-président de la STO dit être convaincu que l’exercice qu’il propose intéressera bien des gens au sein de l’organisation. « Line Thiffeault (ex-directrice générale) et Jean Brunet (directeur général adjoint) n’ont pas du tout été surpris par cette recommandation, dit-il. Ça fait quatre ans que j’en parle à l’interne. La personne la plus surprise de la recommandation semble être la présidente de la STO. En ce qui me concerne, la réflexion là-dessus a été amorcée dès mon entrée en fonction à la STO en 2014. » Plusieurs éléments de gestion permettent déjà de croire qu’il pourrait y avoir des économies à fusionner les deux entités, rappelle M. Carpentier. 

Échéancier

Mme Nadeau a affirmé, lundi, que la STO collaborera à l’exercice si le conseil le souhaite ainsi, mais elle a ajouté qu’il était « prématuré » de définir immédiatement un échéancier.

La présidente de la STO, Myriam Nadeau

Daniel Champagne croit plutôt que le conseil doit afficher ses couleurs dès cette semaine. Il proposera, jeudi, lors du vote sur les recommandations du rapport de l’analyse approfondie du budget, un échéancier qui permettrait au conseil d’avoir une première analyse sur une éventuelle fusion à l’automne 2021.

« Je veux qu’on soit en mesure de lancer les travaux dès l’an prochain, lors de l’étude du budget 2020, dit-il. Le consultant embauché aurait ensuite un an pour nous revenir avec ses premiers constats. »