Maxime Pedneaud-Jobin

Fonds des communautés: les élus optent pour le statu quo

À la suite d'un vote serré autour de la table du conseil municipal de Gatineau mardi, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a dû faire une croix sur l'un de ses engagements électoraux. Le controversé Fonds de développement des communautés (FDC) n'est finalement pas mort au feuilleton et est là pour rester au moins jusqu'à sa dissolution en 2016.
Après un intense mais respectueux débat, les élus se sont prononcés en faveur du statu quo par une courte majorité (11 contre 8) au sujet de cette enveloppe de 14,5 millions $ dédiée à divers projets de quartier répartis sur l'ensemble du territoire. Les projets adoptés par l'ancien conseil, dont la rénovation ou la construction de centres communautaires et l'aménagement de parcs, iront donc de l'avant.
Des trois alternatives qui s'offraient aux conseillers, deux ont finalement créé une nette division. La première consistait à réaliser l'ensemble de la quarantaine de projets qui avaient été identifiés dans tous les secteurs de la ville, nonobstant qu'ils soient engagés ou non. La seconde option aurait eu pour effet de concrétiser les projets faisant déjà l'objet d'engagement (3,6 M $) mais aurait, pour l'instant, laissé pour compte les autres, libérant du coup la somme de 10,9 M $.
Parmi les conseillers ayant voté en faveur du statu quo, on compte entre autres les vétérans Maxime Tremblay, Denise Laferrière, Sylvie Goneau, Denis Tassé et Stéphane Lauzon. À l'opposé, le maire Maxime Pedneaud-Jobin et les quatre membres d'Action Gatineau ont voté contre la résolution, eux qui prônaient l'abolition du fonds. Gilles Carpentier, Daniel Champagne et Cédric Tessier, trois recrues à la table du conseil, ont eux aussi opté pour cette voie.
Unanimité
Malgré les dissensions, les 19 élus ont voté à l'unanimité pour une résolution visant à ne pas reconduire la structure financière du Fonds au-delà des engagements actuels. Quant à la méthode qui sera privilégiée pour le financement des projets de quartier lorsque le Fonds des communautés disparaîtra à échéance en 2016, les élus se sont entendus pour étudier la question lors du lac-à-l'épaule prévu en mars.
L'un des élus qui tenaient mordicus au statu quo, le conseiller du district de Touraine Denis Tassé, n'a pas caché sa satisfaction. « On a discuté de ce dossier pendant quatre ans pour s'entendre sur des projets destinés aux besoins des communautés, et non d'un seul élu. Je trouvais que c'était inconcevable d'annuler ou de reporter. Ça avait été voté unanimement en 2012, incluant le nouveau maire », a-t-il lancé, avouant tout de même qu'il y a eu un certain manque de maturité à l'époque, entre autres au sujet de la fausse croyance que chaque élu aurait 1 M $ à sa disposition.
Le conseiller du district du Carrefour-de-l'Hôpital, Gilles Carpentier, est l'un de ceux qui n'a pas hésité à expliquer sa position, n'adhérant pas à l'argumentation de certains élus de l'ancienne garde qui prétendent avoir créé le Fonds pour acheter la paix.
« J'essaie d'être cohérent dans mes idées, quand j'étais citoyen je n'étais pas favorable à la création de ce fonds, alors je continue à ne pas l'être. Un fonds comme celui-là fragmente le budget, ça éparpille le pouvoir. Par contre, j'ai beaucoup aimé la discussion. Si le nouveau conseil cherchait à se créer une signature, je pense que ça a été fait aujourd'hui. Le débat a été riche et animé », a-t-il indiqué.
Quant au maire Pedneaud-Jobin, estimant qu'il n'est pas nécessaire de se rallier à la majorité une fois défait lors d'un vote, il a indiqué avoir perdu son pari... à moitié.
« Je ne me faisais pas beaucoup d'illusions, c'est un projet très controversé auquel les gens tiennent. Il y a deux débats en même temps : il y a la façon de travailler et de faire les allocations budgétaires et il y a les projets en eux-mêmes. On a vu que la position des uns et des autres était indissociable. J'aurais mieux aimé qu'on se dégage tout de suite une marge de manoeuvre, mais c'est le conseil qui décide », a-t-il commenté, heureux tout de même que le FDC sera remplacé par une nouvelle façon de faire dans deux ans.