Plusieurs festivaliers critiquent la hausse des bracelets journalier du Festival de montgolfières de Gatineau qui a doublé en deux ans.

FMG: le prix d'un bracelet pour une journée a plus que doublé en deux ans

Une mauvaise surprise attend ceux qui ont attendu jusqu’au lancement du Festival de montgolfières de Gatineau (FMG) pour se procurer un bracelet quotidien pour l’événement qui a pris son envol jeudi. Son prix a plus que doublé en l’espace de deux ans, ce qui ne plaît guère à plusieurs familles.

Excluant les enfants de 10 ans et moins, pour qui l’accès au site est gratuit, les gens devront débourser 65$ s’ils souhaitent aller profiter des activités au parc de la Baie le temps d’une seule journée. Il s’agit d’une hausse de 124% par rapport au tarif qui était exigé à la billetterie en 2017, soit 29$. L’an dernier, le prix d’entrée journalier s’élevait à 30$, sans compter les taxes et les frais de service.

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Lors d’une prévente qui s’est terminée il y a quelques jours, le bracelet journalier du FMG coûtait 55$.

C’est donc dire que dans le cas d’une famille avec deux enfants âgés de 11 et 12 ans, la facture pour une visite d’une journée pourrait grimper à 273$, en incluant le coût du stationnement public. Pour les amateurs de sensations fortes, l’accès aux manèges est de 40$ par personne.

Certaines personnes qui ont déploré la situation sur la page Facebook du FMG ont précisé leur pensée à la demande du Droit.

«Je trouve le prix tout simplement ridicule. Ce n’est pas le fait que nous ne pourrions pas le payer, mais qu’à ce prix, nous pourrions faire une activité d’une plus grande envergure. Par exemple, au début de l’été, nous avons profité d’une vente à La Ronde et nous avons pu y aller toute la famille pour 72$ puisque contrairement au FMG, notre enfant de deux ans pouvait faire les manèges gratuitement. Dans le cas du festival du FMG, cela nous coûterait 110$ en prévente et nous devrions en plus payer pour un bracelet pour les manèges pour notre garçon. C’est sans compter des billets pour nous si nous voulons l’accompagner. Cela commence à faire cher pour une petite journée pour s’amuser avec les enfants, surtout que nous quittons toujours avant les spectacles dû au jeune âge des enfants. Nous allons mettre notre argent ailleurs», note Véronique Beauchamp.

Catherine, une autre festivalière, qui n’habite pas en Outaouais mais qui a l’habitude d’assister à l’événement, abonde dans le même sens et suggère l’instauration d’une tarification «intermédiaire» pour les adolescents, par exemple entre 11 et 15 ans.

«Je peux vous dire que c’est trop cher, que l’augmentation est exagérée. Est-ce que ça remet ma participation à l’événement en jeu? Peut-être. Mais n’habitant pas la région je ne saurais vous dire. On verra qui seront les invités l’an prochain et si j’ai envie de payer le prix», affirme-t-elle.

L’organisation se défend

Se disant à l’écoute des commentaires et des doléances du public «car c’est d’abord et avant tout pour eux que l’événement existe», l’organisation du FMG réplique qu’elle a revu sa vision stratégique et qu’elle a renouvelé sa programmation, à la demande entre autres des gens.

«La hausse de prix, ça s’explique par une multitude de choses. La première, c’est qu’on est un événement extérieur, alors la seule assurance que l’on a pour sécuriser les revenus, bien qu’on soit un organisme sans but lucratif, c’est la vente en amont. La stratégie de prix que l’on a adoptée prévoit qu’on procède par vagues pour vendre le plus tôt possible. Les festivaliers peuvent profiter de prix avantageux. Par exemple, dans le cas qui nous occupe, le bracelet quotidien était offert à 45$ durant cinq semaines, en avril. On a aussi décidé consciemment que notre produit vedette était le bracelet-passeport (5 jours), c’est celui qu’on souhaite que les gens achètent. Sur le site, il est offert au même prix que l’an dernier (75$). Ça revient à 15$ par jour», se défend la directrice générale du FMG, Sandra Cloutier.

Celle-ci soutient qu’en date de mercredi, 84% des ventes avaient été réalisées avec des bracelets-passeport et que le nombre de bracelets vendus, toutes catégories confondues, est en hausse de 36% par rapport à l’an dernier.

«J’ai la confirmation en voyant ces chiffres-là que la communauté est satisfaite de ce qu’on lui offre. C’est la claque dans le dos pour toute l’équipe qui a pris son courage à deux mains pour changer un événement qui avait 30 ans de tradition. [...] Est-ce que c’est justifié de poser la question sur les tarifs? Oui, assurément. Maintenant, est-ce que ça représente la majorité des gens? Seul Dieu le sait», lance-t-elle.

Mme Cloutier rappelle que durant la seconde période de prévente, le bracelet quotidien était offert à 49$, tandis qu’il en coûtait 55$ pour se procurer un bracelet-passeport.

Elle tient aussi à préciser que ce ne sont pas tous les événements qui offrent la gratuité aux enfants de 10 ans et moins, comme c’est le cas au FMG.

La direction du FMG renchérit en disant que la firme Segma a sondé le public à l’aide de groupes de recherche à l’automne 2018.

«La conclusion, c’est que les festivaliers et les non festivaliers souhaitaient avoir un événement renouvelé et les gens qui ne venaient pas ou ne venaient plus nous demandaient de renouveler la programmation. Il y aura deux scènes sur le site et l’horaire est bâti de façon à ce qu’on puisse voir au minimum deux spectacles complets par soir, voire trois. Il a fallu faire des choix et en triplant le budget de programmation, ça nécessitait évidemment de hausser les coûts. Chaque événement a ses dépenses et décline sa tarification selon le comportement d’achat de l’utilisateur. Il y a un travail de fou derrière ce que les festivaliers vont voir. On s’inspire des bonnes façons de faire, on ne réinventera pas le bouton à quatre trous», soutient la directrice générale.

Peu importe le tarif, Mme Cloutier rappelle que le but de l’exercice est d’en arriver à «zéro déficit et zéro profit» et que tout surplus est réinvesti l’année suivante.