La Cour supérieure a rejeté la requête de Denise Laferrière visant à invalider le projet de loi permettant la construction du nouveau complexe.

Feu vert pour le nouveau Guertin

Il n’y a maintenant plus aucun obstacle à la concrétisation du projet de complexe de quatre glaces devant remplacer le centre Robert-Guertin. La Cour supérieure a rejeté la requête de l’ex-conseillère municipale Denise Laferrière, qui souhaitait faire invalider le projet de loi privé ayant permis à la Ville de Gatineau de s’entendre sans appel d’offres avec Vision multisports Outaouais (VMSO).

La décision de la juge Carole Therrien est tombée vendredi. Alors que Mme Laferrière réclamait la nullité du projet de loi 227 adopté en juin dernier par l’Assemblée nationale sous prétexte que la Loi sur les cités et villes exige un processus d’appel d’offres pour les contrats de 100 000 $ et plus, la magistrate conclut qu’aucune infraction législative n’a été commise. « Aucune règle de droit n’empêche le législateur provincial de légiférer pour qu’une situation particulière échappe à l’application de la Loi sur les cités et villes », lit-on dans la décision.

Bref, « la requête de Mme Laferrière a été rejetée complètement », s’est réjoui le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, était tout sourire à la suite de la décision de la juge Therrien concernant la tentative de l’ex-conseillère Denise Laferrière de faire invalider le projet de loi 227 sur le nouveau Guertin.

Ce dossier aura coûté « autour de 65 000 $ » en frais d’avocats à la Ville, a fait savoir le maire. Ce dernier estime toutefois que d’autres municipalités pourront en profiter à l’avenir.

« Du point de vue du citoyen, du contribuable et des enfants, c’est un modèle qui va faire école au Québec dans la gestion des équipes sportives, croit M. Pedneaud-Jobin. Moi, j’en suis très fier. »

Le maire a par ailleurs souligné que les procédures n’auront pas eu de conséquences sur l’échéancier, puisque certains travaux sont déjà en cours.

« Ça ne nous permet pas d’accélérer, mais la menace de retard vient d’être levée », a-t-il dit.

Le président de VMSO, Alain Sanscartier, s’est aussi dit « très heureux de pouvoir continuer de regarder vers l’avant ».

« On a dit dès le premier jour qu’il y aurait beaucoup de défis dans ce projet, et [la requête de Mme Laferrière], ça en a été un, a-t-il réagi. Je vais être honnête, on ne l’avait pas vu venir celui-là. […] Nous avons dû engager des frais d’avocats. […] Cette patente-là nous a forcés à rassurer bien des gens pendant la procédure. »

Le président des Olympiques de Gatineau, qui doivent s’installer dans le nouveau complexe en 2020, a de son côté fait preuve de prudence dans ses commentaires, puisque le jugement pourrait être porté en appel. « On va sabrer le champagne à la coupure du ruban de l’aréna, pas sur la défaite en cour de quelqu’un, a réagi Martin Lacasse. On reste prudent, mais tous les partenaires vont dans la bonne direction. »

L’un des principaux critiques du maire, le conseiller Jocelyn Blondin, affichait pour sa part une mine plutôt déconfite. « Je suis déçu, j’ai toujours voté contre le projet », a-t-il rappelé.

Tout en affirmant comprendre ses collègues du secteur Gatineau qui se réjouissent de l’arrivée du complexe dans leur cour, M. Blondin se désole de voir le secteur Hull se dégarnir. Après la construction du centre sportif dans le secteur Gatineau, le départ du domicile des Olympiques fait mal, dit-il. « On est en train d’enlever un peu tout ce qu’il y avait dans le secteur Hull », a déploré le conseiller de Manoir-des-Trembles-Val-Tétreau.