Le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault
Le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault

Fête nationale: Jean-Paul Perreault semonce la Ville de Gatineau

Le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, est déterminé à ce que les Gatinois célèbrent leur Fête nationale dans deux semaines, même s’il doit faire face à deux adversaires coriaces, dit-il, la COVID-19 et l’inertie de la Ville de Gatineau. 

Avec l’annulation de tous les grands événements au Québec jusqu’à la fin du mois d’août, il est impossible pour M. Perreault d’organiser son traditionnel festival l’Outaouais en fête au parc des Cèdres, à Aylmer. Qu’à cela ne tienne, ce dernier s’est dépatouillé pour trouver d’autres activités permettant de souligner la Fête nationale tout en respectant les règles sanitaires et de distanciation physique imposées par le gouvernement. 

«On a soumis une grande quantité de projets à la Ville, dès l’annonce de l’annulation des grands événements par le gouvernement, il y a plus d’un mois, mais là on est à deux semaines de la Fête nationale et on est toujours sans réponse de la Ville de Gatineau. Ça brette, ça brette, et ça brette encore.» M. Perreault affirme avoir interpellé plusieurs élus, la table des événements, le cabinet du maire et les fonctionnaires responsables. 

«Gâchette facile»

Le président d’Impératif français a entre autres proposé l’organisation de feux d’artifice les 23 et 24 juin à partir d’un lieu qui doit pour l’instant demeurer inconnu et qui permettrait au plus grand nombre d’y assister de leur domicile. Une activité pour laquelle M. Perreault est demeuré sans nouvelle. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a renvoyé la balle à M. Perreault en lui rappelant qu’il avait «la gâchette facile quand vient le temps de critiquer la Ville de Gatineau». 


« On éprouve énormément de difficulté à obtenir une réponse de la Ville de Gatineau. Quand on veut dire oui, on trouve des raisons pour dire oui. Quand on veut dire non, on trouve les raisons pour dire non. Là, Gatineau se trouve des raisons pour ne pas répondre. »
Jean-Paul Perreault

Le maire a précisé au Droit, mardi, en fin de journée, que le feu d’artifice allait être autorisé puisque la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) a levé son interdiction de feu à ciel ouvert lundi. L’autorisation devait être envoyée à M. Perreault avant la fin de la journée. La SOPFEU a confirmé que son interdiction était bien levée et a précisé que les grandes villes comme Gatineau peuvent toutefois autoriser des feux d’artifice en milieu urbain, malgré un avis d’interdiction de feu à ciel ouvert. 

Déjà autorisé dans d’autres villes

M. Perreault a aussi proposé l’idée d’offrir des spectacles ambulants avec des artistes et des musiciens connus qui se déplaceraient dans un petit camion dans les rues de la ville pour y offrir des prestations. L’activité n’a fait l’objet d’aucune demande de financement puisqu’elle serait payée à même le budget qui était prévu pour l’Outaouais en fête.

«On éprouve énormément de difficulté à obtenir une réponse de la Ville de Gatineau, déplore M. Perreault. Quand on veut dire oui, on trouve des raisons pour dire oui. Quand on veut dire non, on trouve les raisons pour dire non. Là, Gatineau se trouve des raisons pour ne pas répondre. On est devant une ville qui a peur de prendre des décisions.»

Ce qui frustre encore plus M. Perreault c’est que plusieurs autres villes du Québec ont déjà autorisé le même concept de spectacles ambulants que propose Impératif français. «LaPrairie, Chambly, Longueuil, Montréal, Val-d’Or, Rouyn, Amos, Carleton, Gaspé et Saint-Eustache l’ont déjà fait, dit-il. Certaines de ces villes offrent même les escortes policières. Ici, à Gatineau, il semble que personne n’est en mesure de prendre une décision. On nous met tellement de bâtons dans les roues. Il faut être très déterminé pour organiser quelque chose à Gatineau. Il ne sera pas dit que la COVID-19 et la Ville de Gatineau vont empêcher la population de célébrer la Fête nationale.»


« Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, mais nos services sont en discussions avec M. Perreault […], je prends ses comparaisons avec les autres villes avec un gros grain de sel. »
Maxime Pedneaud-Jobin

À cet effet, le maire précise que les discussions se poursuivent avec les services municipaux et la police de Gatineau. «Quand on parle de parader dans un camion avec des artistes qui sont là, il y a des bouts de ça qui relèvent du Code de la sécurité routière, explique le maire. Il faut qu’on fasse des choses qui sont légales. Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, mais nos services sont en discussions avec M. Perreault […], je prends ses comparaisons avec les autres villes avec un gros grain de sel.»

Il n’en demeure pas moins que le temps presse, ajoute M. Perreault. «Il faut mobiliser des équipes et du matériel si on veut faire ça, dit-il. C’est ma dernière tentative pour convaincre la Ville de bouger.»