Fermeture des bars à 3h: les résidents de l’Île-de-Hull s’opposent

Le projet-pilote sur le prolongement des heures d’ouverture des bars dans le centre-ville fait officiellement face à l’opposition des résidents du quartier.

L’Association des résidents de l’Île-de-Hull, après consultation de près de 70 résidents, a pris position contre le projet initié par le conseiller du secteur, Cédric Tessier. Les participants à l’assemblée générale extraordinaire, mardi soir, ont soulevé des inquiétudes quant à la sécurité, l’augmentation du tapage nocturne et le vandalisme. Un total de 55 citoyens se sont exprimés contre le projet-pilote, alors que 11 l’ont appuyé. 

Le conseil municipal doit se prononcer sur la tenue d’un projet-pilote de neuf mois le 14 mai prochain. Depuis la présentation au conseil des résultats de la consultation publique, il y a quelques semaines, il a été démontré que la validité de l’exercice mené en ligne par la Ville de Gatineau était douteuse. Le Droit a révélé que Bill Clennett avait réussi sans grandes difficultés à voter 18 fois à partir du même ordinateur. L’ARIH déplore par ailleurs la «piètre qualité» du sondage réalisé en début d’année. 

M. Tessier estime que les «problématiques» qui affaiblissent la rigueur de la consultation de la Ville ne font que démontrer «encore une fois qu’on a besoin d’une politique claire qui encadre les consultations publiques à Gatineau», dit-il. Pour que la section de la planification stratégique de la Ville organise une consultation publique en bonne et due forme, le conseiller devait l’inscrire en toutes lettres dans la résolution qu’il a présentée au conseil. «Ça n’a pas de bon sens qu’à chaque fois qu’on a besoin d’une consultation publique il faille dire comment l’encadrer, ajoute M. Tessier. Ça prend une politique.»

Ces lacunes ne remettent toutefois pas en question la pertinence du projet-pilote, assure le conseiller. Ce dernier reconnaît que les craintes des résidents sont légitimes, «mais je ne crois pas qu’il faut avoir peur d’avoir peur», dit-il. M. Tessier dit respecter le positionnement de l’ARIH, mais il rappelle avoir lui aussi fait une consultation qui le rend légitime de proposer ce projet-pilote pour analyser les impacts de repousser l’heure de fermeture des bars à 3h. «Ça s’appelle une campagne électorale, rappelle-t-il. C’était dans ma plateforme électorale et j’ai été élu.»