Vision centre-ville demande de revoir les limites territoriales du centre-ville de Gatineau.
Vision centre-ville demande de revoir les limites territoriales du centre-ville de Gatineau.

Faut-il réduire les limites du centre-ville de Gatineau?

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Sans être fermé à des «ajustements», le conseiller municipal du centre-ville, Cédric Tessier, affirme demeurer «très attaché» au Plan particulier d’urbanisme (PPU) et à ses principes. Selon lui, l’exercice de réflexion sur le bilan de ce plan adopté il y a dix ans ne doit pas devenir un prétexte pour le revoir de fond en comble. À l’inverse, le directeur général de Vision centre-ville, Stefan Psenak, plaide pour des changements plus profonds. «Le PPU a clairement besoin d’être revu, modifié et bonifié», insiste-t-il. 

Vision centre-ville demande, entre autres, de revoir les limites territoriales du centre-ville. Selon M. Psenak, la Ville a voulu prendre de «trop grosses bouchées» à l’époque en intégrant à l’Île-de-Hull des secteurs aussi éloignés que le quartier Fournier et celui du Casino du Lac-Leamy. «Il faut revoir ces limites, dit-il. Ça peut sortir un peu de l’île, mais plus on s’étend, plus nos efforts et nos investissements vont s’éparpiller au lieu de se concentrer là où il le faut. En étant plus circonscrit, on entrera dans une tout autre dynamique et on avancera beaucoup plus vite». 

Le président de l’Association des résidents de l’Île-de-Hull, Daniel Cayley-Daoust, explique que son organisation continue de soutenir les principes du PPU tels qu’ils sont élaborés présentement, mais selon lui, il y a lieu de commencer immédiatement à réfléchir à un nouveau plan qui entrerait en vigueur dans cinq ans. «Il y a lieu de reprendre l’exercice de 2009 en profondeur, dit-il. Beaucoup de temps a passé. Il y a de nouvelles réalités sur le terrain qui méritent qu’on s’y attarde. Il y a dix ans, on partait de zéro. Là, il y a une base de laquelle nous pouvons partir pour retravailler et modifier certains éléments. Il n’est pas nécessaire de tout réinventer.»

Pandémie

Ce bilan des dix ans du PPU survient alors que le centre-ville est plongé dans une véritable crise existentielle en raison de la pandémie de COVID-19. S’il y a une chose qui est devenue évidente depuis mars dernier, affirme M. Psenak, c’est que le centre-ville n’est pas en mesure de soutenir son économie si les fonctionnaires fédéraux n’y sont pas. «Le constat est très dur, dit-il. Sans les fonctionnaires, plusieurs commerces sont voués à périr. C’est déjà commencé et ça va se poursuivre. On ne peut pas faire la réflexion sur le PPU sans garder en tête qu’il faudra à l’avenir éviter une situation aussi catastrophique. Il faut agir maintenant pour la suite des choses.»

Tout n’est pas noir, assure toutefois M. Psenak. Il y aura toujours des gens désireux de vivre dans le centre-ville de Gatineau en raison des nombreux avantages qu’il offre. «Et même si après la pandémie, le fédéral ne ramenait que 50 % de ses fonctionnaires dans le centre-ville, ce serait suffisant pour poursuive la transition que nous avons amorcée», soutient-il.