Sylvie Goneau a fait de la question des taxes son leitmotiv, mais c’est Denis Tassé qui s’est positionné comme celui qui offrira la plus faible hausse.

Faible coût politique pour la hausse des taxes

La hausse des taxes occupe une place particulière dans le discours des candidats à la mairie depuis le début de la campagne, mais sur le terrain électoral, l’enjeu n’apparaît pas comme primordial pour les Gatinois, révèle le sondage Segma Recherche réalisé pour le compte du Droit et du 104,7 Outaouais.

Les hausses de taxes de 2,9 % en 2018 et de 2,5 % pour les trois autres années du mandat proposées par le maire sortant et chef d’Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, sont loin de satisfaire l’électorat gatinois, mais ce n’est pas ça qui lui enlèvera les clés du bureau du maire, estime le sondeur Raynald Harvey. 

Une proportion de 77,9 % des répondants estime que le prochain conseil devrait maintenir la hausse des taxes en deçà de 2 %. Du nombre, un peu plus du tiers désire un gel complet. C’est dans le secteur Gatineau où les répondants sont les plus réfractaires à toute hausse du fardeau fiscal des contribuables, alors que ceux du secteur Hull sont les plus prêts à absorber des hausses allant de 2 % à 3 % par année. 

La plus faible hausse

M. Harvey soutient que Denis Tassé a réussi à se positionner comme celui qui offrira la plus faible hausse de taxe au cours du prochain mandat, même si Sylvie Goneau en avait fait son leitmotiv depuis des mois. Ce dernier propose des hausses de 1,5 % pour 2018 et 2019, et de 2,3 % pour 2020 et 2021. Mme Goneau propose des hausses collées sur l’inflation qui pourraient varier de 1 % à 3 %.

«M. Tassé aurait dû être plus agressif sur cette question, estime M. Harvey. C’est lui qui va chercher le plus de votes auprès des gens qui souhaitent un gel de taxes, mais il n’arrive pas à mobiliser l’électorat sur cette question.»

Selon M. Harvey, pour marquer des points politiques dans un débat sur un taux de taxation, il faut aussi être en mesure de présenter son adversaire comme étant candidat à une dérive dépensière. Or, Maxime Pedneaud-Jobin peut se vanter d’être le maire qui a affiché les plus petites hausses de dépenses de l’histoire de la Ville de Gatineau au cours des deux dernières années. 

«Les adversaires de M. Pedenaud-Jobin n’arriveront pas mobiliser l’électorat sur l’enjeu des taxes s’ils n’arrivent pas en même temps à inquiéter les gens sur les qualités de gestionnaire de ce dernier, explique M. Harvey. Dans un débat sur la taxation, celui qui gagne, c’est celui qui réussit à faire le plus peur aux gens avec les potentielles dérives de l’administration sortante. Il faut être en mesure de conjuguer la hausse des taxes avec un danger de dépenses pharaoniques et il n’y a rien de ça dans le discours électoral des adversaires du maire sortant actuellement.»