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Expropriations sur des Allumettières: le Groupe Aboutanos donne sa version des faits

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
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Propulsé au cœur de la controverse entourant l’expropriation de six maisons sur le boulevard des Allumettières, le président du Groupe Aboutanos, Wassim Aboutanos a tenu à mettre les points sur les «i» et les barres sur les «t» au lendemain d’un conseil municipal où le maire Maxime Pedneaud-Jobin s’est retrouvé sur la défensive pour un enjeu éthique. 

En entrevue avec Le Droit, mercredi, M. Aboutanos, qui est un ancien candidat d’Action Gatineau et président par intérim du parti, a affirmé que «tout été fait dans les règles de l’art avec le bien commun comme objectif» dans ce dossier et que personne n’avait quoi que ce soit à se reprocher. 

«Un des problèmes du logement social est le manque d’expertise des groupes dans l’acquisition de terrains et dans la négociation avec des propriétaires, explique-t-il. C’est la béquille que j’offrais comme promoteur privé. Avec le programme Accès logis, un promoteur privé peut vendre à sa juste valeur marchande un terrain à un OBNL d’habitation. C’est le gouvernement qui injecte les fonds pour l’acquisition du terrain et c’est l’OBNL qui est le porteur du projet de construction. Le coup de pouce que je voulais donner c’était ma capacité d’acquérir des terrains que j’aurais revendus à un OBNL. L’objectif n’était pas de faire de l’argent, mais évidemment, je n’aurais pas fait de déficit dans un tel processus.»

Wassim Aboutanos

M. Aboutanos précise que la grille de zonage à cet endroit permet la construction d’immeubles résidentiels, mais sous différentes conditions. L’usage communautaire prévu par la Ville aurait permis la construction de logements sociaux ou de transition, croit le promoteur. 

«On avait bon espoir que dans la conjoncture actuelle de crise du logement nous aurions été en mesure d’obtenir les dérogations nécessaires pour mener le projet à terme, dit-il. Et si ça n’avait pas été possible, nous aurions pu simplement réutiliser les maisons actuelles dans un projet du même ordre.»

Pas d’information privilégiée

C’est dans cet objectif que le Groupe Aboutanos a commencé, l’automne dernier, la prospection de terrains et que les six immeubles du boulevard des Allumettières ont été ciblés. 

«C’est au moment où j’ai manifesté que le site m’apparaissait intéressant qu’un membre du cabinet m’a dit que les propriétaires cherchaient à vendre depuis un certain temps. C’est tout. Ce n’est pas que j’appelle de l’information privilégiée. D’abord, j’avais déjà un intérêt et ensuite, cette information, n’importe quel citoyen ou promoteur aurait pu l’avoir en communiquant avec les propriétaires. En plus, il y a déjà eu des pancartes à vendre devant certaines de ces maisons par le passé.»

Jamais il n’a été question d’expropriation lors des discussions avec le membre du cabinet du maire, insiste M. Aboutanos.

«Au cours des négociations avec les propriétaires cet automne, ils m’ont dit que ça faisait près de dix ans que la Ville leur disait qu’une expropriation s’en venait, mais je ne savais pas pour quel projet ni même si c’était encore dans les plans de la Ville. J’ai fait abstraction de ça et je suis allé de l’avant avec mes offres d’achat.»


« Si j’avais su que la Ville lancerait un processus d’expropriation avant de faire mes acquisitions, je me serais immédiatement retiré. »
Wassim Aboutanos

M. Aboutanos affirme avoir été mis au courant par les propriétaires de la volonté de la Ville de lancer un processus d’expropriation une fois que ses offres d’achat étaient déjà acceptées et qu’à partir de ce moment, toutes les communications entre lui et la Ville ou le cabinet du maire ont été coupées. 

«Si j’avais su que la Ville lancerait un processus d’expropriation avant de faire mes acquisitions, je me serais immédiatement retiré, dit-il. Il n’y a pas d’argent à faire avec un processus d’expropriation. Il n’y a pas un entrepreneur qui veut être pris là-dedans. C’est long, ça implique des frais d’avocats et tu n’as aucune idée si le processus sera en ta faveur. Dans un tel cas, la Ville a tous les droits. Ce n’est même pas contestable. Mon plan était de revendre des terrains pour y bâtir du logement social, pas de me retrouver dans un processus d’expropriation.»

Prêt à collaborer

Maintenant que le processus d’expropriation est officiellement lancé, le Groupe Aboutanos affirme vouloir collaborer avec la Ville de Gatineau et qu’il n’a aucune intention d’interférer avec le projet de la municipalité d’élargir le boulevard des Allumettières. 

«Collaborer, ça veut dire qu’on va tenter d’éviter le processus d’expropriation pour que la Ville arrive à ses fins à l’intérieur de ses paramètres, note le promoteur. Le processus en place n’empêche pas la négociation de gré à gré. On veut aussi tenir nos engagements envers les propriétaires actuels. Ces gens ont pris des engagements financiers pour se reloger en fonction des offres d’achat qu’ils ont acceptées de mon groupe. On ne fera pas entrave au processus, on voudra plutôt être le trait d’union entre les propriétaires qui ont des engagements d’achats et la volonté d’acquisition de la ville.»

M. Aboutanos tente actuellement d’évaluer s’il perdra de l’argent dans la démarche. Pour l’instant, il croit que non et se dit «pas mal convaincu» que le dossier n’aboutira pas devant les tribunaux. 

Il rappelle, selon lui, que dans ce dossier, tout a été fait selon les règles de l’art et que tout le monde était motivé par une bonne volonté et le bien commun. «Il n’y a absolument rien eu d’illégal, dit-il. C’est dommage qu’aujourd’hui certains tentent de se servir de ça pour faire des insinuations.»

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