Le conseiller Daniel Champagne en a marre des retards de Derichebourg dans la collecte des matières résiduelles.
Le conseiller Daniel Champagne en a marre des retards de Derichebourg dans la collecte des matières résiduelles.

Exaspéré des «excuses à la semaine» de Derichebourg

Le président du conseil municipal de Gatineau, Daniel Champagne, en a plein son casque des «excuses à la semaine» de la compagnie Derichebourg pour expliquer ses multiples retards dans la collecte des matières résiduelles.

C’est monnaie courante à Gatineau. Le service des communications envoie un communiqué de presse de trois lignes expliquant aux citoyens de laisser leurs ordures à la rue, en attendant qu’elles soient ramassées dans 24, 48 parfois 72 heures. Si les ratons laveurs ne demandent pas mieux que de se régaler des restes de table du bac à compost, les citoyens, eux, en ont plus qu’assez et interpellent par centaines leurs conseillers municipaux.


« J’avais un sac complet d’excuses pour défendre cette compagnie, mais le sac est complètement vide maintenant. »
Daniel Champagne

«J’avais un sac complet d’excuses pour défendre cette compagnie, mais le sac est complètement vide maintenant, lance M. Champagne. Je n’ai aucun souvenir, depuis le début, d’une période relativement longue où le service a été adéquat. Il n’y en a pas. On s’est fait servir toutes les excuses. L’été c’est les vacances, le printemps c’est le monde qui fait du ménage, l’hiver ce sont les tempêtes de neige. Il y a eu les inondations, la difficulté de garder le personnel et là c’est la COVID. J’en ai assez. Je n’accepte plus l’excuse de la semaine.»

Le conseiller Daniel Champagne

M. Champagne dit entendre parfois des collègues au conseil affirmer avoir «d’autres chats à fouetter» que la gestion des ordures ménagères. «Bien pas moi, lance-t-il. J’ai aussi d’autres chats à fouetter, mais là ça n’a plus de sens d’avoir parfois trois, quatre ou cinq jours de retard, dans tous les districts et à tout bout de champ. On a une compagnie qui a un contrat avec la Ville et que ne le respecte jamais et c’est comme si c’était normal et qu’on continuait d’accepter ça. Moi je ne l’accepte plus. Je ne veux plus d’excuses. Il faut trouver des alternatives.»

Exaspéré, le président du conseil est d’avis que «tous les recours» dont dispose la Ville pour faire respecter son contrat devraient être utilisés. «Si ça doit être des amendes, ça sera des amendes, insiste-t-il. Est-ce que le fait que ce secteur n’est pas très compétitif fait en sorte qu’on devient otage de l’entreprise qui a gagné le contrat? Je rappelle que les gens paient cher pour ce service.»

Le président du comité exécutif, Cédric Tessier, a indiqué qu’il commenterait seulement mercredi matin la sortie de M. Champagne. Il a toutefois précisé au Droit qu’il n’y a pas eu d’amende donnée à Derichebourg pour rupture de contrat depuis des mois. «Il n’y a pas eu d’annulation de service depuis l’automne et donc pas d’amende», a-t-il affirmé.

Et si ultimement la Ville devait être incapable de régler la situation, M. Champagne souhaite que la Ville communique beaucoup mieux avec ses citoyens qu’elle ne le fait en ce moment. «Qu’on envoie un communiqué de trois lignes disant qu’il y a des retards, je suis exaspéré de ça, dit-il. Soyons au moins clairs dans nos messages aux citoyens afin qu’ils comprennent. Qu’on explique les vraies raisons de ces retards au lieu de servir les nouvelles excuses de la compagnie chaque semaine.»