Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, s’impatiente face à la lenteur des négociations entre Québec et Ottawa sur le logement social.

Entente sur le logement: «Qu’ils signent et qu’ils signent vite» — Maxime Pedneaud-Jobin

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, ne tente même plus de cacher sa profonde impatience face à l’incapacité du fédéral d’en venir à une entente avec Québec sur le financement en matière de logement. Il profitera de la rencontre du caucus des maires des grandes villes de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) qui se tient ce jeudi, au Château Laurier, à Ottawa, et à laquelle participeront plusieurs ministres fédéraux, pour rappeler l’urgence de la situation.

Le Québec est à ce jour la dernière province à ne pas avoir conclu d’entente avec Ottawa sur le financement du logement dont les fonds ont été annoncés il y a plus de deux ans. Pour la province de Québec qui désire que ses compétences en la matière soient respectées, cette entente fédérale-provinciale représentera 1,5 milliard $ sur dix ans.

« Gatineau vit la pénurie de logements la plus grave, a rappelé le maire Pedneaud-Jobin en entrevue avec Le Droit. Ça prend plus d’argent dans le système et j’accepte mal que ça prenne autant de temps à signer cette entente. Il n’y a aucune justification. Ils doivent signer et signer au plus vite parce qu’une fois que c’est signé il faudra encore attendre pour que l’argent se rende sur le terrain. »

Le maire Pedneaud-Jobin estime que le fédéral n’a pas à tenter de modifier les règles de financement en matière de logement avec le gouvernement provincial. Le programme en place au Québec, Accès Logis, fonctionne bien, est connu de tous les partenaires en logement sur le terrain et les liens entre la province et les villes sont clairement définis, insiste le maire.

« Si on était devant un programme qui fonctionne mal, je pourrais comprendre qu’on prenne le temps de le corriger, mais le programme en place fonctionne bien, il n’y a pas de raison de vouloir compliquer les affaires, lance-t-il. On nous dit que les discussions vont bon train, mais là bon train, ça prend des actions rapides et immédiates. C’est comme si des gens ne comprenaient pas l’importance du logement pour lutter contre la pauvreté. C’est grave. On vit même une crise du logement à l’intérieur de la crise du logement parce que c’est encore pire pour les gens moins fortunés. »

Transport

L’engagement pris par les libéraux de Justin Trudeau en campagne électorale à l’effet de créer un fonds permanent en transport collectif dès 2028 sera aussi abordé par les maires. « À court terme, ça ne changera rien, mais ce sont des discussions importantes pour l’avenir de villes comme Gatineau qui veulent investir dans le transport collectif, c’est majeur », affirme le maire Pedneaud-Jobin.

Que les gouvernements supérieurs financent une partie des opérations des transporteurs publics et pas uniquement les infrastructures fait partie des demandes récurrentes des villes. Le gouvernement du Québec a entre ouvert la porte à cette possibilité cette semaine. Le maire de Gatineau souhaite que le fédéral fasse de même. « Mais si on nous dit que ce fonds récurrent sera basé sur l’achalandage, je vais avoir bien des questions parce que ça ne donne rien pour une ville comme Gatineau qui est ni très grande ni petite » ajoute M. Pedneaud-Jobin.

Les maires des grandes villes doivent aussi interpeller le gouvernement sur la question des changements climatiques. Ils demanderont au fédéral de doubler le fonds d’atténuation aux changements climatiques afin de le porter à 4 milliards $. « Et ça ne serait qu’un premier pas, note M. Pedneaud-Jobin. Juste pour le Québec, ce sont 4 milliards $ qui sont nécessaires pour les cinq prochaines années. On va devoir le répéter longtemps parce que c’est une question d’argent, mais les besoins sont immenses. Juste pour le ruisseau Wabasse, à Gatineau, c’est une dépense de 56 millions $ pour protéger pas plus de 12 000 personnes. »