Le Droit a appris que 87 des 181 travaux d'entretien inscrits pour 2017 devront être remis à l'année prochaine ou plus tard.

Encore du retard dans les travaux d'infrastructure

La Ville de Gatineau continue d'accumuler du retard dans la réalisation des travaux d'entretien de ses routes, de son réseau d'égouts et d'aqueducs, de ses bâtiments et de ses parcs. Le Droit a appris que pour une deuxième année de suite, le service des infrastructures ne pourra livrer que la moitié des projets inscrits au calendrier en 2017.
Plusieurs élus jugent la situation inacceptable et exigent un redressement de la situation sans plus attendre. Certains pointent du doigt « un sérieux problème de ressources humaines au service des infrastructures ». Selon nos informations, une vingtaine de postes seraient vacants actuellement. Le service des communications a indiqué qu'il n'était pas en mesure de valider l'information auprès du service des infrastructures avant la fin de la semaine en raison des inondations.
Un document interne présenté aux élus en caucus de secteur au cours des dernières semaines, et dont Le Droit a obtenu copie, démontre que 87 des 181 travaux d'entretien inscrits pour 2017 devront être remis à l'année prochaine ou plus tard. 
La moitié des travaux qui seront effectués cette année sont en réalité des travaux qui avaient été inscrits l'an passé, mais qui n'ont pu être livrés.
Le maire, Maxime Pedneaud-Jobin, sans nier les impacts liés au manque de personnel, des ingénieurs notamment,  affirme que même en réalisant 50 % de ce qui est prévu, « la réalité sur le terrain c'est qu'il se fait plus de travaux d'entretien des infrastructures qu'avant ». 
Selon lui, s'attarder uniquement au pourcentage des travaux réalisés c'est « regarder l'arbre plutôt que la forêt ». 
À ceux qui souhaitent utiliser ces données pour démontrer que le maire ne fait pas des infrastructures une priorité de son administration, le maire réplique que ces derniers n'ont rien pour asseoir leur argumentaire. 
« Ils se basent sur quoi ? demande-t-il. Quelle était la performance de l'ancienne administration ? La question c'est : faisons-nous plus de travaux qu'avant ? La réponse est clairement oui et c'est ça qui compte. » 
L'administration rend public un bilan de ses réalisations en infrastructures depuis 2015. Avant cela, la performance réelle du service des infrastructures n'était pas connue avec précision, autant de la part des élus que du public en général. 
« Regarder les réalisations en infrastructures sur une seule année, ça ne dit pas grand-chose, soutient le maire. En 2015, nous avons fait 83 % des travaux inscrits, mais on avait aussi clairement dit que les années suivantes allaient afficher une performance moindre parce qu'on rentrait dans un nouveau cycle de planification. Nous avons aussi implanté une nouvelle structure en 2016. Ça ne fait pas encore un an que nous travaillons avec ces nouvelles façons de faire. On est en train de faire le bilan de ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien. Nos programmes d'entretien des infrastructures sont construits sur un cycle de trois ans. Il faut bien se rendre à la fin d'un cycle pour évaluer correctement notre performance et notre nouvelle méthode. »
M. Pedneaud-Jobin soutient toutefois que la nouvelle façon d'opérer aux infrastructures permet déjà à l'administration d'avoir de meilleures estimations, des échéanciers plus précis et une meilleure planification. 
Un des défis de l'organisation, dit-il, est de mieux équilibrer, à travers les années, les phases de planifications et les phases de réalisation.