La rampe mécanique qui permet l’embarquement des passagers à mobilité réduite au Quai des artistes doit être entièrement refaite.

Encore des travaux au Quai des artistes

La Ville de Gatineau n’est pas encore tout à fait au bout de ses peines avec le Quai des artistes, un des lieux phares de la rue Jacques-Cartier réaménagée au coût de 43 millions $ il y a quelques années. Elle vient de lancer un appel d’offres afin de refaire les aménagements dédiés à l’accessibilité universelle sur le site.

Le service des communications de la Ville de Gatineau explique que ces nouveaux travaux sont rendus nécessaires parce que la rampe mécanique qui permet l’embarquement des passagers à mobilité réduite n’est plus assez longue pour atteindre les bateaux amarrés au quai depuis sa réfection effectuée en 2015. Depuis quatre ans, l’accessibilité aux bateaux pour les gens à mobilité réduire doit se faire à partir du niveau inférieur du quai.

Les travaux effectués au Quai des artistes avaient passablement retenu l’attention à l’été 2014. Le conseil municipal avait refusé à deux reprises les soumissions pour traiter un problème de structure et ajouter un système de défense à l’avant du quai. Les élus jugeaient les prix soumis beaucoup trop élevés.

Une firme d’expert avait évalué les coûts des travaux à 800 000 $. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin avait demandé une contre-expertise qui avait révélé que les experts embauchés par la Ville avaient sous-estimé de moitié le coût réel de tels travaux. Le contrat avait finalement été accordé à la firme Equinoxe JMP pour la somme de 1,69 million $.

Une fois les travaux complétés, la Ville s’est aperçue que la rampe d’accessibilité n’était plus suffisamment longue pour atteindre les bateaux. Une étude sur l’accessibilité universelle au site a ensuite été réalisée, en 2016.

« Cette étude présente des recommandations afin de rendre le site plus convivial et sécuritaire pour les usagers à mobilité réduite, explique par écrit Bianca Paquette du service des communications. Les travaux doivent comprendre l’accessibilité au palier 2, la sécurisation sans élargissement de la rampe supérieure pour l’accès aux bateaux et des bandes contrastantes dans les marches des différents paliers. »

Le coût des travaux doit être connu dans quelques semaines.

Une erreur, dit Boudrias

Interpellée à ce sujet, la conseillère Louise Boudrias estime que la Ville aurait dû prévoir ces éléments dès le départ.

« L’accessibilité universelle est pourtant présente dans nos priorités d’actions pour nos aménagements, rappelle-t-elle. Chaque fois qu’on aménage quelque chose, que l’on construit quelque chose, on doit y penser. C’est censé être dans nos valeurs profondes comme municipalité. Ça doit être dans l’ADN de la Ville et ce n’est malheureusement pas toujours le cas. »

Le cas des nouveaux boutons d’appel hors d’atteinte pour les gens en fauteuil roulant depuis la réalisation de travaux majeurs à l’angle des boulevards Montclair et Saint-Joseph est une autre indication, souligne la conseillère, qu’il y a encore du chemin à faire à Gatineau pour enchâsser l’accessibilité universelle dans les façons de faire. Le problème a été corrigé après la publication d’un article à ce sujet dans Le Droit.

Mme Boudrias rappelle que Gatineau avait une commission sur l’accessibilité universelle avant la réforme mise de l’avant par le maire Pedneaud-Jobin.

« Elle était présidée par Denise Laferrière et elle a beaucoup fait avancer ce dossier, pour amener cette sensibilité dans l’administration, mentionne la conseillère. Dans le cas du Quai des artistes, c’est clairement un oubli, une erreur, dit-elle. Ça ne fait pas encore partie des priorités de la Ville et ça doit changer. »