Plusieurs élus réclament la tenue d’une collecte spéciale afin de libérer la ville des déchets encombrants déposés de manière illicite à différents endroits sur le territoire.

Encombrants: une collecte spéciale envisagée

Tout en instaurant la gratuité pour le dépôt d’encombrants à son centre de transbordement, la Ville de Gatineau va « probablement » organiser une collecte spéciale au cours des prochaines semaines afin de dénouer la crise ayant mené à l’abandon de nombreux gros déchets sur des propriétés publiques ou privées.

Les élus gatinois ont choisi, jeudi, d’aller de l’avant avec l’abolition du tarif de 50 $ actuellement imposé à chaque citoyen souhaitant, par exemple, se débarrasser d’un divan ou d’un matelas en l’apportant au centre de transbordement du boulevard de la Carrière. La gratuité s’appliquera aussi aux organismes à but non lucratif et aux coopératives en logement social, a fait savoir la conseillère Maude Marquis-Bissonnette, présidente de la commission sur l’environnement.

Le centre de transbordement verra aussi ses heures d’ouverture s’accroître, avec des ajouts de 18 h à 20 h 45 les jeudis et vendredis. Ces deux changements n’entreront en vigueur qu’après leur adoption officielle lors du conseil municipal de mardi prochain.

Il a aussi été demandé à l’entrepreneur responsable des collectes, Derichebourg, de systématiquement laisser une note explicative lorsqu’un citoyen dépose un encombrant en bordure de rue.

Collecte spéciale

Plusieurs élus ont profité de l’occasion, jeudi, pour réclamer la tenue d’une collecte spéciale dans les plus brefs délais afin de libérer la ville des déchets encombrants déposés de manière illicite à différents endroits sur le territoire.

Le changement ayant fait passer de 26 à quatre le nombre de collectes d’encombrants par année, entré en vigueur à la mi-juillet, ne s’est en effet pas fait sans heurt.

En moins d’un mois, 796 requêtes concernant les encombrants ont été reçues au 3-1-1. Plus de la moitié de ces requêtes visaient à demander une collecte à domicile par un organisme d’économie sociale mandaté par la Ville à cet effet. Les autres requêtes ont notamment servi à dénoncer des dépôts sur la voie publique ou sur la propriété d’autrui.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a fait savoir qu’une décision sur la mise en place rapide d’une collecte spéciale sera prise par le comité exécutif mercredi prochain. Interrogé à savoir s’il est certain qu’une telle mesure ira de l’avant, le maire a répondu que ce serait « probablement » le cas.

« Là où je me garde une petite gêne, c’est quel type de collecte, a-t-il poursuivi. C’est pour ça qu’il faut qu’on prenne le temps de le regarder. On ne veut pas encore une fois tout ramasser et tout amener ça à l’enfouissement, ça va à l’encontre de toutes nos valeurs, tous nos principes. Donc, est-ce que c’est une collecte à la grandeur de la ville ? Qu’est-ce qu’on ramasse ? Qui le ramasse ? Il faut prendre le temps de répondre à ces questions-là. »

Les coûts inhérents à chacune des options seront « évidemment » considérés, a-t-il ajouté.

Selon les informations actuelles, il est fort possible qu’une collecte spéciale puisse être organisée en septembre. La collecte déjà prévue au calendrier aura lieu en octobre, après quoi la commission sur l’environnement devrait avoir étudié plus en profondeur les options envisagées à plus long terme.

Le conseiller Jocelyn Blondin estime qu’une collecte par mois pourrait être une bonne idée, au moins pour une période d’un an, le temps que les citoyens s’habituent. Sa collègue Louise Boudrias estime aussi que des changements s’imposent, mais ne souhaite pas pour autant « revenir en arrière et ramasser tout, même ce qui peut être réutilisé ».

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PLUSIEURS OPTIONS À ANALYSER

Collectes de déchets encombrants tous les mois, tous les deux mois, en période estivale seulement ou selon le concept d’utilisateur-payeur, voilà quelques-unes des options sur lesquelles se penchera la commission sur l’environnement de la Ville de Gatineau.

Bien que plusieurs scénarios soient sur la table, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a réitéré, jeudi, que la Ville ne peut pas faire abstraction de son obligation de réduire de manière substantielle la quantité de matières envoyées à l’enfouissement.

« L’objectif ultime, c’est qu’il y ait du tri, que les bons objets aillent aux bons endroits et qu’on ne fasse pas juste jeter tout ça aux vidanges, parce ça, on ne peut plus se permettre ça pour des raisons légales, mais aussi pour des raisons d’environnement. »

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

La hausse de la fréquence des collectes d’encombrants sera donc évaluée, entre autres en fonction des coûts liés à une éventuelle décision de la sorte.

Le conseiller Gilles Carpentier a quant à lui soulevé, jeudi, l’idée d’instaurer un système d’utilisateur-payeur. Une telle avenue pourrait par exemple permettre aux citoyens de demander, à la pièce, une collecte d’encombrants à domicile, à raison de quatre fois par année, après quoi chaque collecte engendrerait des frais, a-t-il exposé.

En vertu du Plan de gestion des matières résiduelles 2016-2020 de la Ville, la quantité de déchets du secteur résidentiel envoyés à l’enfouissement doit être réduite de 45 % par rapport au niveau de 2013. Cet objectif atteint 50 % pour les industries, commerces et institutions et 55 % pour le secteur de la construction, rénovation et démolition.

La conseillère et présidente de la commission sur l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette, a souligné que l’atteinte de ces objectifs est essentielle, de sorte qu’« un retour en arrière est à exclure ». Elle estime toutefois que la possibilité de rehausser le nombre de collectes d’encombrant doit être analysée.

Autres changements à venir

Les changements touchant les encombrants seront bientôt suivis par d’autres modifications, cette fois touchant les ordures ménagères. La distribution de quelque 100 000 bacs gris de 120 litres doit commencer à l’automne. Les Gatinois devront se limiter, dès juillet 2019, à cette quantité de déchets toutes les deux semaines. Des exceptions sont prévues pour les cas particuliers, comme les garderies en milieu familial.

L’annonce des détails concernant les « sacs tarifés » pour les surplus d’ordures ménagères doit avoir lieu ultérieurement.