Plus de 200 élèves de l’école secondaire de l’Île ont manifesté bruyamment dans la rue, jeudi.

École secondaire de l'Île: «Changez l'horaire», disent des élèves

Scandant haut et fort « Changez l’horaire », plus de 200 élèves de l’école secondaire de l’Île ont manifesté bruyamment dans la rue, jeudi, pour exprimer leur frustration face à la décision de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) de mettre en place le double horaire avec l’école secondaire Mont-Bleu.

Les écoliers de l’établissement de la rue Saint-Rédempteur, qui prévoient répéter l’exercice tous les jours en fin d’avant-midi jusqu’à ce que le nouvel horaire entre en vigueur, le 9 octobre, digèrent mal le fait que ce soit leurs confrères de Mont-Bleu qui aient hérité de l’horaire matinal (8 h 25 à 12 h 49) tandis que de leur côté, ils seront en classe l’après-midi (13 h 10 à 17 h 34). En sortant ainsi dans la rue, les jeunes sèchent l’un de leurs quatre cours quotidiens. 

La manifestation, qui s’est effectuée sans heurts, s’est déroulée sous supervision policière, une dizaine de policiers ayant été dépêchés sur les lieux.

Une élève de quatrième secondaire rencontrée sur place affirme compatir par rapport à ce que vivent les écoliers de Mont-Bleu et souhaite qu’ils puissent être accommodés, mais ajoute qu’il est impossible « de tout leur donner » en les aidant. 

« On va se révolter, mais on veut que ce soit pacifique. On ne veut pas blesser personne ni que ce soit intimidant. On veut juste faire entendre notre voix, faire passer le message. On ne fait pas ça contre Mont-Bleu, c’est juste qu’il faut changer l’horaire. Ce serait plus facile pour nous d’avoir l’horaire du matin, surtout qu’on leur prête l’école pour un an. Quand on accueille quelqu’un chez soi, on leur donne un lit, mais on ne veut pas qu’ils prennent la chambre au complet », lance-t-elle.

L’écolière indique qu’il est prévu que de manière symbolique, certains élèves de l’école secondaire de l’Île bloquent « pacifiquement » le passage à leurs camarades de Mont-Bleu, le 9 octobre. 

« On veut que la CSPO se rende compte qu’il y a un problème », ajoute l’adolescente, avouant qu’elle ne voudrait pas se retrouver dans les souliers des élèves et du personnel de Mont-Bleu. 

Les élèves questionnés se plaignent également de la durée des pauses entre les cours (huit minutes), qui a dû être écourtée en raison de ce double horaire.

« C’est à peine le temps d’aller à la salle de bains. Nos périodes de cours sont coupées de 15 minutes, ce n’est pas évident. On aime l’école, c’est pour cela qu’on la défend », déplore un autre élève de cinquième secondaire. 

Un autre écolier, qui précise que « sa famille en arrache et a de la difficulté à joindre les deux bouts », affirme pour sa part qu’avec une fin des classes qui sonnera à 17 h 30, il ne pourra plus travailler à temps partiel.

« Je ne pourrai plus payer tous les loisirs qui étaient sous ma responsabilité. Chez nous, on est cinq enfants et il faut faire des sacrifices quelque part, alors pour me payer certaines choses, je dois travailler. C’est notre école, notre maison, alors on devrait avoir la priorité sur le choix de l’horaire. Mais on fait le contraire, je ne sais trop pourquoi », a-t-il dit. 

Les 1475 élèves de Mont-Bleu doivent être relogés sous un autre toit pour le reste de l’année scolaire, en raison de l’ampleur des dommages causés par le feu et la tornade vendredi dernier à l’établissement du boulevard de la Cité-des-Jeunes.

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Du calme, dit la CSPO

Face à la vive réaction de plusieurs au sujet de la décision de créer un double horaire, le directeur général de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), Jean-Claude Bouchard, lance un appel au calme.

« Je peux comprendre que les jeunes ne sont pas contents et qu’ils le manifestent, maintenant le message que je livrerais aujourd’hui, c’est un appel au calme. Gatineau, notre secteur du Mont-Bleu, a vécu des drames importants, ça nous oblige à un exercice. On a une école de 1500 élèves qui sera inutilisable jusqu’en août prochain. On fait appel à la solidarité », a-t-il indiqué en mêlée de presse impromptue.

Il jure que la commission scolaire aurait voulu privilégier un horaire matinal pour les 1250 élèves de l’école hôte, mais a vite compris que cette option se serait avérée un grand casse-tête. 

« On a regardé sous toutes les formes possibles et imaginables, mais il y avait des choses qui étaient incontournables pour nous : avoir nos 1500 élèves dans un même bâtiment, ne pas toucher à la programmation et le souci de maintenir l’entièreté de toute l’offre de services pour les élèves. Et si on avait fait le mouvement inverse, le risque qu’on courait, c’était de laisser des jeunes de côté », dit-il.

Disant que les solutions seront analysées « à la pièce », M. Bouchard affirme qu’en situation d’urgence, il fallait prendre une décision rapide et qu’il était inévitable qu’il y aurait « un gagnant et un perdant ».

Il a également précisé que grâce à l’ajout d’autobus et de l’aide de Québec, l’heure de fin des classes a pu être fixée à 17 h 34 et non 18 h 30.