Gatineau, comme 170 villes de la province, s’approvisionne en sel de déglaçage par le biais d’un achat regroupé organisé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

Du sel du Maroc et du Chili dans les rues de Gatineau

En plus de devoir affronter des hivers de plus en plus imprévisibles, la Ville de Gatineau fait actuellement face à une flambée des prix du sel de voirie, a appris Le Droit. La tendance touche tout le nord-est de l’Amérique du Nord et aura un effet marqué sur le budget de déneigement de bien des municipalités.

Gatineau, comme 170 villes de la province, s’approvisionne en sel de déglaçage par le biais d’un achat regroupé organisé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Cela permet aux municipalités d’unir leur pouvoir d’achat afin de profiter de meilleurs prix. Cette année, l’UMQ a acheté 340 000 tonnes métriques de sel pour 31 millions $.

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L’an passé, le prix à la tonne payé par Gatineau via ce mécanisme a été fixé à 79 $ la tonne, ce qui se situait dans la moyenne des autres années. Tout a basculé le printemps dernier. Le meilleur prix obtenu par l’UMQ a été fixé, pour Gatineau, à un peu plus de 110 $ la tonne, une augmentation de 40 %. « Les prix ont subi une forte hausse pour cet hiver […], elle est apparemment la résultante de multiples facteurs et d’une conjoncture particulière », a annoncé l’UMQ aux participants de l’achat regroupé cet été.

La croissance « exponentielle » de la demande et la réduction de l’offre dans tout le nord-est de l’Amérique du Nord ont fait exploser les prix. La fermeture définitive d’une mine de sel au Nouveau-Brunswick et une grève de quatre mois dans une autre en Ontario ont eu comme effet de retirer 900 000 tonnes de sel de voirie dans l’ensemble du marché. La situation, explique l’UMQ, l’a poussé à recourir à des sources d’approvisionnement aussi éloignées que le Maroc et le Chili, alors que les coûts du transport maritime mondial sont aussi à la hausse. Le coût du transport par camion est aussi en augmentation au Québec, « en raison de la pénurie de main-d’œuvre et de la très forte activité économique et de la surcharge de travail », ajoute l’UMQ.

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La pierre de riz à la rescousse

La Ville de Gatineau a complètement changé sa façon d’utiliser son sel déglaçant et ses différents abrasifs en 2014 dans le cadre d’un projet d’amélioration continue. Depuis, Gatineau n’utilise du sel que lorsque ce dernier est pleinement efficace.

« Le sel perd rapidement de son efficacité entre -10 C˚ et -15 C˚ », précise le service des communications. C’est pourquoi les opérateurs le combinent avec de la pierre de riz dès que le temps devient plus froid afin d’offrir une meilleure adhérence. Le président du comité exécutif, Cédric Tessier, est plus catégorique.

« Le sel, on en met seulement quand il fait plus que -10 C˚ et quand il fait plus froid on met de la pierre de riz ou du sable, c’est ce que prévoit notre charte d’épandage », dit-il. La Ville précise aussi avoir fait l’acquisition de trois « peignes à trottoir » l’an dernier. Cet équipement n’est cependant pas efficace lorsque la température chute en bas de -10 C˚. Un « croque-glace » comme on en voit à Montréal ou Ottawa a été acheté par la Ville. Cet équipement est encore en évaluation.