Alexandre Pampalon et Isabelle Regout de l’organisme A.B.C. Stratégies souhaitent toujours que les draveurs et cageux de l’Outaouais obtiennent une reconnaissance nationale.

Draveurs et cageux de l'Outaouais: pas des «personnages historiques»

Les draveurs et les cageux (raftmens) de l’Outaouais ne seront pas désignés comme « personnages historiques » par le gouvernement du Québec. La demande faite conjointement par l’organisme A.B.C. Stratégies et la Fédération histoire Québec en juin 2018 a essuyé un refus officiel de la part du ministère de la Culture et des Communications du Québec, le 16 décembre dernier, a appris Le Droit.

Dans une lettre signée de la sous-ministre Marie Gendron, le ministère explique ne pas être en mesure de donner suite à cette demande qui suscitait l’enthousiasme dans la région, tant chez les politiciens que dans le milieu de l’histoire et du patrimoine. La Loi sur le patrimoine culturel désigne des individus et non pas des groupes en particulier.

« Nous reconnaissons d’emblée l’intérêt historique des draveurs et des cageux dont la pratique est étroitement associée à deux industries majeures dans l’histoire du Québec, soit l’industrie forestière et la construction navale, écrit la sous-ministre. Toutefois, les draveurs et les cageux représentent davantage des métiers que des personnages historiques tels que définis dans la Loi sur le patrimoine culturel. Nous avons le regret de vous informer que cette proposition n’a pas été retenue. »

Pour les initiateurs du projet, Alexandre Pampalon et Isabelle Regout de l’organisme A.B.C. Stratégies, il s’agit évidemment d’une déception, mais qui est loin d’être accablante assurent-ils. D’autres portes demeurent grandes ouvertes pour que ces hommes hors de l’ordinaire, indissociables de l’histoire et l’imaginaire de l’Outaouais, obtiennent une reconnaissance nationale.


« On va se tourner vers une motion à l’Assemblée nationale pour reconnaître symboliquement ces deux figures emblématiques du Québec comme des héros nationaux. »
Alexandre Pampalon

Des héros

« On va se tourner vers une motion à l’Assemblée nationale pour reconnaître symboliquement ces deux figures emblématiques du Québec comme des héros nationaux », affirme M. Pampalon. Isabelle Regout ajoute que le ministère a été « bienveillant » dans son explication de sa décision et il n’y a, selon elle, aucune raison de lancer la serviette. « Nous avons déjà une excellente écoute des politiciens et nous allons les amener à réfléchir à une désignation comme héros nationaux, ajoute-t-elle. Ça serait symboliquement fort. Une désignation comme personnage historique est une chose, mais les ériger comme héros nationaux c’est un symbole qui parlerait beaucoup à la population. »

En 2018, le député du Pontiac, André Fortin, avait affirmé qu’il appuyait sans retenue une telle désignation pour les draveurs et les cageux. Il s’agissait, selon lui, d’une « responsabilité collective » de garder bien vivant le souvenir du courage qui animait ces hommes. Selon M. Pampalon, l’Assemblée nationale pourrait même étendre sa reconnaissance aux allumettières comme des héroïnes nationales.

Columbo événement historique ?

Le ministère de la Culture et des Communications poursuit cependant son analyse pour la désignation du périple du Columbo comme « événement historique ». Le Columbo est le tout premier train de bois mis à l’eau sur la rivière des Outaouais par Philemon Wright en 1806. Tout indique, selon les représentants d’A.B.C. Stratégies, que ce n’est qu’une question de temps avant que cet événement soit à jamais inscrit dans l’histoire du Québec et qui permettra d’inscrire l’Outaouais comme véritable berceau de l’industrie forestière au Québec.

« La légende nous appartient, affirme Mme Regout. Des draveurs et des cageux il y en a eu ailleurs, mais ici c’était carrément dans la démesure. Cette histoire nous appartient. Le ministère de la Culture est en train de prendre conscience de l’importance de l’histoire de l’Outaouais, affirme Mme Regout. On est en train de se positionner de façon très intéressante. Jamais les gens de ce ministère n’ont autant entendu parler de l’Outaouais. »