Le maire, Maxime Pedneaud-Jobin, s'adresse au public à l'ouverture du Sommet du Vivre-Ensemble de Gatineau.

Discussions et débats sur le vivre-ensemble

Plus de 200 personnes étaient réunies vendredi à la Maison du citoyen à l’occasion du Sommet du Vivre-Ensemble de Gatineau, une première dans l’histoire de la ville reconnue comme le second pôle d’attraction en importance pour les immigrants après Montréal.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin, qui a blagué en disant que l’événement a connu un tel succès qu’on devra l’organiser au Palais des congrès la prochaine fois, a annoncé à la fin de l’exercice qu’il compte présenter une résolution au conseil municipal pour créer un Comité permanent de la diversité culturelle. Il attendra d’abord d’avoir reçu le rapport final du Sommet.

« Ça pourrait prendre la forme d’une espèce d’instance permanente du vivre-ensemble, un conseil où les gens se réuniraient un certain nombre de fois par an, on ferait le point. Un groupe, qui, par exemple, après des événements comme l’attentat de Québec, se demanderait s’il fait de la sensibilisation, s’il profite de la crise pour faire quelque chose chez nous », a-t-il affirmé.

Le premier magistrat de la Ville a mis la table dès la matinée en livrant un discours qui n’est pas passé inaperçu. À preuve, il a eu droit à une ovation debout du public réuni dans la salle Jean-Despréz.

« Les discussions sur le vivre-ensemble portent malheureusement souvent, sinon essentiellement, sur des symboles bien loin de la réalité sur le terrain, parfois au point où l’on en oublie l’essentiel. L’essentiel, c’est la capacité de communiquer, de s’entraider, de se réaliser individuellement et collectivement, c’est, comme le dirait l’auteur québécois Akos Verboczy, d’arriver à l’état de relation humaine où l’on ne se demande plus d’où l’on vient, mais où l’on va ensemble. Aujourd’hui, il nous faut donc éviter le piège des symboles », a-t-il lancé.  

La première partie de l’événement axé sur le partage des enjeux et des meilleures pratiques de l’inclusion, s’est déroulée avec des panels animés par deux professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Martin Robitaille et Anick Dauphin. 

En après-midi, les gens se sont réunis en petits groupes pour échanger et débattre entre eux sous la formule « WorldCafé ». Quatre rondes de discussion ont eu lieu.

À l’issue d’un remue-méninges de plus de deux heures, les participants ont émis plusieurs recommandations (voir encadré) pour améliorer le vivre-ensemble et la politique de diversité culturelle à Gatineau.

L’enjeu a beau sembler complexe, l’objectif d’une telle journée était relativement simple, de mentionner M. Pedneaud-Jobin. 

« C’est l’importance de se connaître, pour se sortir des préjugés. Il y a toutes sortes de tensions dans les communautés, des tensions qui peuvent être d’origine religieuse, culturelle, linguistique. La meilleure façon d’apaiser ces tensions-là, c’est d’apprendre à se connaître, que l’autre ne soit pas une menace », a-t-il dit.

Observatoire international

En conclusion du Sommet, l’adhésion de la Ville de Gatineau à l’Observatoire international des maires sur le vivre-ensemble a été annoncé lors de la signature d’un protocole d’entente en présence de l’élue de la Ville de Montréal Magda Popeanu. 

Plusieurs maires d’un peu partout dans le monde en font partie, dont Valérie Plante (Montréal), Régis Labeaume (Québec) et Alexandre Cusson (Drummondville).

M. Pedneaud-Jobin parlera d’ailleurs du Sommet lors des Assises annuelles de l’Union des municipalités du Québec, du 16 au 18 mai au Hilton Lac-Leamy.

GATINEAU EN CHIFFRES...

- La proportion d’immigrants à Gatineau (12,5%) est presque le double de celle de Québec (7,2%)

- Plus de 88 communautés culturelles sur le territoire

- Le Liban, Haïti, la France, le Maroc et la Colombie sont les cinq pays les plus représentés

- Près d’un immigrant sur deux (48%) qui s’est installé à Gatineau entre 2011 et 2016 provient d’Afrique

- 94% des immigrants avaient moins de 45 ans à leur arrivée en sol gatinois (28% avaient moins de 15 ans)

- Près de 37 000 citoyens disent appartenir à une minorité visible 

- Les groupes de minorités visibles les plus importants sont les Noirs (45%), les Arabes (23%) et les Latino-Américains (11%)

- 10 420 personnes ayant une identité autochtone