Les résultats ne surprennent guère le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Antoine Normand. «Au moment où il a été fait, il y avait de gros problèmes d'arrimage entre le CLD et la Ville.»

Difficile, l'entrepreneuriat à Gatineau

Plus des deux-tiers des membres de la communauté d'affaires gatinoise considèrent que la Ville de Gatineau ne possède pas les outils nécessaires pour favoriser l'entrepreneuriat.
C'est ce qu'indique une étude commandée par Développement économique-CLD Gatineau (DE-CLDG) afin d'évaluer la campagne Gatineau, ville d'affaires. Selon ce même sondage mené auprès de 572 personnes, 177 provenant de la communauté d'affaires et 395 de la population en général, 20,3% des répondants considèrent qu'il est facile de se lancer en affaires à Gatineau et 18,6% croient qu'il est facile d'obtenir un permis d'affaires auprès de la Ville.
Les résultats ne surprennent guère le président de la Chambre de commerce de Gatineau, notamment en raison de la période pendant laquelle le sondage a été rempli, soit du 5 février au 10 mars 2014.
«À ce moment-là, il y avait de gros problèmes d'arrimage entre le CLD et la Ville. Il y a eu de l'amélioration depuis et il est moins difficile de travailler avec la Ville», affirme Antoine Normand.
Ce dernier indique que le service d'urbanisme fait preuve d'une «attitude plus positive» et collabore davantage avec la Chambre de commerce en ce qui à trait à l'émission des permis d'affaires. L'interprétation des règles, tant chez les membres de la communauté d'affaires que chez les fonctionnaires, a elle aussi progressé. Les gens d'affaires continuent toutefois d'avoir une opinion négative de la Ville en raison d'une bureaucratie complexe pour les entrepreneurs.
«Avoir un petit changement de zonage peut prendre six, sept parfois même huit mois! Pour faire de l'affichage au centre-ville, toutes les affiches doivent être approuvées par le conseil municipal. Ce sont quelques exemples qui démontrent que nous avons bureaucratisé à l'extrême et qu'il faut revenir à une certaine simplicité, à une certaine souplesse», croit M. Normand.
Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin croit lui aussi que la Ville doit améliorer ces pratiques afin de faciliter les différentes démarches entreprises par les entrepreneurs. Il mentionne que des progrès ont été réalisés quant à l'émission des permis d'affaires mais qu'il reste encore du chemin à faire pour rapprocher la communauté d'affaires et le service d'urbanisme.
«Il doit y avoir un meilleur arrimage. Les rencontres entre le CLD et le service d'urbanisme sont plus fréquentes et ils siègent à un comité conjoint mais il y a encore place à amélioration», estime le maire de Gatineau.
Ce dernier se réjouit toutefois d'une statistique du sondage selon laquelle 11% des répondants affirment que la campagne Gatineau, ville d'affaires leur a donné le goût de se partir en affaires et, pour presque la moitié d'entre eux, dans un horizon de deux ans.
«Nous avons besoin d'entrepreneurs pour diminuer notre dépendance à l'état», estime M. Pedneaud-Jobin
Rappelons que le sondage s'est déroulé du 5 février au 10 mars 2014, près de sept mois après la fin de la campagne publicitaire, ce qui est plutôt inhabituel puisque les études de ce genre ont habituellement lieu dans les six à huit semaines suivant la campagne. De plus, comme il s'agit d'un échantillon non aléatoire basé sur la participation volontaire au questionnaire en ligne, les résultats obtenus ne peuvent être extrapolés à l'ensemble de la population.