Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Dézonage agricole à Gatineau: «pas une bonne décision», maintient le maire

La demande d’exclusion de la zone agricole d’un terrain appartenant à la ferme Scullion pour favoriser un développement commercial près de la montée Paiement avait profondément divisé les élus du conseil municipal, à l’automne 2017. Un seul élu avait permis de trancher le débat en faveur du dézonage agricole.

La résolution au conseil avait été présentée par le président du comité exécutif de l’époque, Gilles Carpentier. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin avait été de ceux qui s’y étaient opposés et il affirme encore aujourd’hui qu’il s’agissait d’une mauvaise décision du conseil. 

M. Carpentier avait réussi à convaincre neuf de ses collègues de la pertinence de permettre un développement commercial sur ce terrain de 1,4 hectare. «On parle d’un lot enclavé entre les Témoins de Jéhovah, un concessionnaire d’automobiles de luxe et une série d’édifices commerciaux, avait-il alors plaidé. Transformer le zonage de ce terrain va dans le sens de nos orientations et de la trame urbaine que ce secteur est en train de prendre. Permettre la circulation de machinerie agricole à cet endroit représente aussi un enjeu de sécurité.»

La conseillère Sylvie Goneau qui s’y était opposée avait rétorqué que cette demande de dézonage avait provoqué un «énorme malaise» auprès des agriculteurs siégeant au comité consultatif agricole.

Invité à revenir sur le sujet, mardi, le maire Pedneaud-Jobin a rappelé qu’il avait voté contre l’exclusion de ce terrain de la zone agricole et qu’il agirait ainsi encore aujourd’hui. 

«Il faut protéger la zone agricole, a-t-il lancé. Elle rétrécit partout au Québec et c’est toujours dans des cas comme ça que ça arrive, quand c’est un petit terrain à côté d’une zone commerciale. Il ne faut pas être extrémiste, mais il faut être extrêmement rigoureux. Quand c’est absolument essentiel, je m’oppose et dans ce cas, selon moi, ce n’était pas une bonne décision du conseil.»

Projet fantôme

Le Droit révélait, dans son édition de mardi, que les représentants de la Ville de Gatineau ont utilisé un ancien projet d’agrandissement du concessionnaire OB Prestige Auto pour tenter de convaincre la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) d’accepter l’exclusion de ce terrain de la zone agricole. Les dernières représentations de la Ville à ce sujet datent de juin dernier. Le promoteur du projet, Olivier Benloulou, a cependant précisé qu’il avait laissé tomber son projet il y a un an. 

«Le conseil municipal s’est exprimé sur une intention d’aménagement, a précisé le maire Pedneaud-Jobin. Ce n’est pas basé sur un projet en particulier, mais sur une intention. Un projet peut-être un déclencheur, mais ce n’est pas sur ça que le conseil a voté. L’idée c’est qu’une majorité du conseil a voulu que ce terrain puisse accueillir un développement commercial.»

Quant à l’utilisation importante du projet commercial du propriétaire d’OB Prestige Auto faite à la CPTAQ par le représentant de la Ville, le maire a indiqué que les élus n’avaient rien à voir avec cette stratégie. «La Ville embauche un avocat et ce dernier utilise tous les arguments qu’il juge pertinents ou non, a-t-il dit. Du point de vue de la réglementation municipale, ce que nous avons exprimé c’est qu’on voulait que ce terrain soit développé.»