Gatineau doit trouver un moyen de répondre aux « attentes légitimes » des citoyens face au développement de leur ville, insiste la conseillère Audrey Bureau.
Gatineau doit trouver un moyen de répondre aux « attentes légitimes » des citoyens face au développement de leur ville, insiste la conseillère Audrey Bureau.

Développement résidentiel à l'ouest: Gatineau doit se remettre en question, insiste Bureau

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Le développement résidentiel à « vitesse grand V » du secteur Aylmer tel que le révèlent les statistiques rendues publiques dans l’édition du Droit de lundi impose une importante remise en question à la Ville de Gatineau, estime la conseillère municipale Audrey Bureau.

Le retard auquel fait face la municipalité dans le développement de ses infrastructures routières dans l’ouest de la ville ne fait plus aucun doute, note la conseillère, et des solutions devront rapidement être trouvées en attendant la construction du futur lien structurant (tramway). Mais ça va plus loin que ça, assure-t-elle. 

« On observe beaucoup de retard au niveau communautaire aussi, dit-elle. Chaque semaine, je suis approchée par des organismes communautaires qui sont à la recherche de locaux et il n’y en a pas dans notre secteur. On n’arrive clairement pas à répondre à cette demande, alors que la population ne cesse de croître. C’est rendu qu’on est forcé d’offrir à des organismes communautaires d’Aylmer d’aller s’installer dans d’autres secteurs de la ville. C’est loin d’être encourageant. »

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Gatineau doit aussi trouver un moyen de répondre aux « attentes légitimes » des citoyens face au développement de leur ville, insiste Mme Bureau. À ce chapitre, la conseillère pointe du doigt l’encadrement réglementaire concernant la destruction de boisés non protégés quand vient le temps pour un promoteur de développer un projet. Selon elle, l’administration est beaucoup trop permissive à cet effet.

« Notre règlement actuel est complètement désuet, dénonce-t-elle. Il ne convient pas du tout aux attentes des citoyens en matière de développement durable ni à l’urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons. Notre réglementation manque vraiment de mordant et est complètement inadéquate pour protéger notre couvert forestier. »

Mme Bureau explique que les promoteurs font face à très peu de résistance de la part de la Ville de Gatineau quand ils décident de détruire un boisé non protégé qui ne contient pas d’arbres dont l’essence est qualifiée de rare. « Ils peuvent tout raser sans aucune restriction, dit-elle. Notre règlement ne reconnaît aucune valeur écologique aux arbres, il ne leur reconnaît aucune utilité comme outil permettant de rendre des services écosystémiques. C’est simple, dans notre réglementation, un arbre n’a aucune valeur, donc il ne fait l’objet d’aucune protection. Ça n’a aucun sens. Ils permettent de conserver un peu d’ombre, de purifier l’air et ils servent de refuge pour les animaux. Il faut que notre réglementation reconnaisse ça, même si ce ne sont pas des essences rares. »

Mme Bureau explique qu’il y a lieu, dans l’exercice de concordance des règlements en lien avec l’application du schéma d’aménagement de revoir le Plan d’implantation et d’intégration architectural concernant les boisés non protégés. « J’ose croire, dit-elle, que le conseil va réaliser rapidement qu’il y a des attentes des citoyens en matière de lutte aux changements climatiques auxquelles on ne répond pas du tout présentement. »