Gatineau travaille sur une mesure qui permettrait d’inclure 10 % de logements abordables dans les grands ensembles résidentiels.

Développement immobilier à Gatineau: peu d’outils pour les villes, déplore Marquis-Bissonnette

Suivre le rythme du développement imposé par les promoteurs immobiliers pour une ville en croissance comme Gatineau demeurera un défi de tous les instants tant que les municipalités n’auront pas entre les mains les outils légaux et fiscaux pour le faire, estime la présidente de la commission du développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette.

L’imposition de frais de croissance était un de ces outils que Gatineau a tenté de mettre en place en 2012, mais elle s’est cassé les dents devant les tribunaux quatre ans plus tard. Elle a été forcée de remettre près de 12 millions $ qu’elle avait collectés auprès des promoteurs pendant quelques années.

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Depuis ce jugement, le gouvernement du Québec, dans le cadre de sa loi sur l’autonomie des villes, autorise les villes à imposer de tels frais. Dans la réalité toutefois, appliquer cette mesure est à ce point compliqué dans l’encadrement proposé par Québec que Gatineau a décidé de mettre ses efforts en cette matière sur la glace, le temps que le gouvernement révise les règles. 

« En attendant, il peut toujours y avoir des négociations avec les promoteurs pour qu’on soit en mesure de réserver l’espace nécessaire pour des pistes cyclables, des parcs, des trottoirs et permettre l’élargissement éventuel de routes, mais faire arriver tout ça en même temps que le développement résidentiel demeure un énorme défi », précise Mme Marquis-Bissonnette. 

Logement abordable

Que Gatineau autorise la construction de milliers d’unités de logement chaque année, mais que la disponibilité de logements abordables demeure parmi la plus faible au Québec, voire au Canada, est une démonstration que des « stratégies d’inclusion » doivent être mises en place, note la conseillère du Plateau. Gatineau travaille d’ailleurs sur une mesure qui permettrait d’inclure 10 % de logements abordables dans les grands ensembles résidentiels. L’adoption de la mesure par le conseil municipal est prévue au courant de l’automne prochain. 

« C’est certain que ce serait bien d’avoir déjà cet outil d’inclusion dans le contexte actuel, reconnaît Mme Marquis-Bissonnette, mais les projections de croissance nous permettent de croire que cet outil sera tout aussi utile dans le futur. »