Les conseillers Jocelyn Blondin et Marc Carrière

Deux conseillers font éclater l’unanimité sur le projet de loi 40

Après avoir été au front sur toutes les tribunes, la semaine dernière, pour tenter de convaincre le gouvernement de faire marche arrière dans sa volonté de forcer les municipalités à céder gratuitement les terrains pour la construction de futures écoles, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a échoué, mardi soir, à rallier l’unanimité de son conseil pour une résolution allant en ce sens.

Les conseillers Jocelyn Blondin et Marc Carrière se sont mis en travers de son chemin en votant contre la résolution. Les deux élus qui faisaient auparavant de la politique au niveau scolaire avaient déjà laissé entrevoir leurs intentions en après-midi, lors du caucus préparatoire. M. Blondin a demandé à ce que plusieurs éléments soient retirés de la résolution afin qu’elle obtienne son appui, mais une forte majorité du conseil a jugé que ses demandes dénaturaient complètement la résolution et sa demande a été rejetée.

Le maire Pedneaud-Jobin ne voit cependant pas l’opposition de deux élus à sa résolution comme un échec. « C’est un message assez fort du conseil qui dit que la décision du gouvernement n’a pas de bon sens, a-t-il affirmé. Je le vois comme un message solide, clair et sans nuance. »

M. Blondin a expliqué sa position en affirmant avoir voté en pensant d’abord aux enfants. « Je ne me trompe pas de rôle, a-t-il lancé. Je représente aussi des enfants, les jeunes de Gatineau. Je ne représente pas juste des électeurs, je représente aussi des enfants qui sont dans des roulottes parce qu’on n’a pas été capable de s’entendre assez vite pour des terrains. »

Questionné à savoir s’il serait à l’aise que Gatineau doive payer pour les terrains des futurs établissements de santé, M. Blondin a répondu « on verra en temps et lieu ». Il a aussi affirmé qu’il n’aurait aucun problème à ce que Gatineau augmente la taxe foncière parce qu’elle a été obligée d’acheter un terrain pour ensuite le céder au ministère de l’Éducation. Gatineau évalue que de telles dépenses pourraient représenter un fardeau financier de quelques dizaines de millions de dollars.

« Je vais me présenter devant le monde et leur dire que je suis content parce qu’on a des terrains pour nos enfants et je vais être fier de le dire, a-t-il ajouté. Si on veut continuer de dire que l’éducation n’appartient qu’au gouvernement, qu’on arrête comme ville de subventionner l’Université du Québec en Outaouais, le Cégep et le Collège Héritage. »

M. Blondin a avancé qu’un élément de la résolution voulant que la Ville ne possède aucun terrain en surplus est faux. « Nous en avons des terrains, tout le monde sait ça », a-t-il affirmé à plusieurs reprises. Tant la directrice générale, Marie-Hélène Lajoie, que le maire Pedneaud-Jobin se sont inscrits en faux face à cette affirmation du conseiller Blondin.

« Les faits sont clairs, a insisté le maire. Si on a dû empiéter sur des parcs dans les dernières années pour construire des écoles c’est qu’on n’avait pas de terrain. Dans tout ce qui reste à développer à l’ouest, on n’a pas de terrain. La seule référence que M. Blondin a donnée date de plus de 20 ans [école du Plateau]. La ville a grandi et aujourd’hui on n’a plus d’endroits stratégiques pour construire des écoles. »

Le ton utilisé dans la résolution a été jugé trop « sévère » par la conseillère Louise Boudrias qui a un temps laissé entendre qu’elle voterait contre la résolution. Elle s’y est finalement ralliée à la dernière minute. Le président du conseil, Daniel Champagne s’est pour sa part dit « préoccupé » d’entendre Mme Boudrias avancer que le ton de la résolution est trop agressif. « On s’est couché un vendredi et on s’est relevé le samedi avec une nouvelle facture de plusieurs millions de dollars, a-t-il lancé. Je suis à l’aise avec notre ton qui est tout à fait pertinent d’utiliser parce qu’il faut que le message unanime des municipalités soit clair. »