Le conseil municipal gatinois s’est prononcé mardi en faveur, à 11 contre 7, des différentes demandes réglementaires proposées par BBL Construction, en charge du projet de mégacentre en bordure du chemin Vanier, dans l’ouest de la ville.
Le conseil municipal gatinois s’est prononcé mardi en faveur, à 11 contre 7, des différentes demandes réglementaires proposées par BBL Construction, en charge du projet de mégacentre en bordure du chemin Vanier, dans l’ouest de la ville.

Destination Vanier: le promoteur déplore la sortie du maire Pedneaud-Jobin

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Les propos du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, à l’endroit du projet Destination Vanier ont été amèrement reçus par le promoteur du projet. Ce dernier se désole de ne pas avoir été mis au courant plus tôt de la «vision négative» du projet par certains élus gatinois.

Le conseil municipal gatinois s’est prononcé mardi en faveur, à 11 contre 7, des différentes demandes réglementaires proposées par BBL Construction, en charge du projet de mégacentre en bordure du chemin Vanier, dans l’ouest de la ville.

Le maire Pedneaud-Jobin s’était alors clairement opposé au projet sous sa forme actuelle, le qualifiant même de « cheap et pas beau ».

Le promoteur indique qu’il ne comprend pas pourquoi le projet a provoqué un tel tollé cette semaine au conseil municipal.

« On n'a eu aucune indication que les politiciens municipaux partageaient une vision si négative du projet. On s’est informé au niveau du caucus pour voir s’il y avait des éléments qui soulevaient des inquiétudes, personne ne s’est prononcé à ce sujet », déplore le président de BBL Construction, Sylvain Bertrand, en entrevue avec Le Droit.

« Quand la phase A du projet a été approuvée l’an dernier, personne n’a dit que c’était laid comme projet. Pourtant, notre phase B est un copier-coller de notre phase A. On a la même trame architecturale et les mêmes matériaux. On est juste vraiment surpris du tollé que ça a provoqué cette semaine parce que personne ne nous en a parlé avant. »

M. Bertrand souligne qu’au cours des derniers mois, plusieurs changements ont été apportés au projet afin de respecter la vision du schéma d’aménagement qui est demandée par la Ville.

« Alors pourquoi cette semaine tout d’un coup le projet ne devenait plus attrayant ? Surtout qu’on a déjà 10 millions $ de dépensés. Personne ne s’est informé des améliorations qu’on a apportées au projet pour le rendre plus conforme. »

De son côté, la conseillère Louise Boudrias reconnaît que le promoteur a «fait beaucoup de concessions».

« Il a travaillé selon des règlements et des normes qui étaient en vigueur et on ne peut pas gérer des projets à la pièce comme c’est le cas avec Destination Vanier juste parce qu’on l’aime moins. »

La conseillère Louise Boudrias

« Ça fait sept ans que le maire est élu, s’il était vraiment à l’encontre de ce projet-là, il aurait dû présenter des amendements au schéma d’aménagement qui était proposé et ne pas attendre de laisser des gens dépenser des millions de dollars pour ensuite dire 'on n’aime pas la couleur des fenêtres'», poursuit-elle.

Les travaux de construction du mégacentre ont débuté en juillet dernier. Le volet commercial du projet devrait voir le jour en 2022. Les travaux pour le volet résidentiel devraient s’amorcer l’an prochain.

« Si on avait eu un 'non' de la part du conseil cette semaine, qu’est-ce qui arrive aux sous-traitants qui sont déjà sur le chantier ? On aura eu droit à une bataille légale comme on l’a déjà connu ici à Gatineau », selon M. Bertrand.

Selon Mme Boudrias, si la Ville avait voté en défaveur des demandes réglementaires proposées par le promoteur, « on se serait retrouvé avec un grand terrain vide. Je pense que ni les gens du secteur ni le maire n’auraient voulu d’un terrain qui ne se développe pas parce qu’il y a un processus judiciaire en cours ou parce que les promoteurs décident de laisser tomber. » 

M. Bertrand souligne que le projet devrait être de retour devant le conseil en décembre.