Gilles Desjardins, président de Brigil, a rencontré la presse lundi pour expliquer les raisons qui l'on poussé à déposer officiellement son projet Place des peuples à la Ville de Gatineau.

Desjardins lance un avertissement à Gatineau

L'homme d'affaires Gilles Desjardins a assuré, lundi matin, ne pas vouloir faire de son projet Place des peuples un enjeu électoral de la prochaine élection, mais il a du même souffle lancé un avertissement à peine voilé à l'administration du maire Maxime Pedneaud-Jobin.
« Moi, je suis en affaires, je ne veux pas faire de politique et je ne prends pas mes décisions en fonction des élections, a-t-il lancé. Mais si la Ville bloque mes projets, je vais mettre mon énergie et mes ressources financières à Ottawa. Je vais quand même bien dormir, mais ça ne sera pas bon pour la Ville. »
Le grand patron de Brigil a rencontré la presse, lundi matin, pour revenir sur les raisons qui l'ont poussé à déposer officiellement son projet de tours de 35 et 55 étages sur la rue Laurier, dans le centre-ville de Gatineau. M. Desjardins s'attend à recevoir le même traitement que son voisin, le Four Points Sheraton, dont le projet d'agrandissement a récemment été approuvé par la Ville. Il a répété qu'avec un peu de volonté de la part du service de l'urbanisme, son permis de bâtir pourrait lui être donné d'ici six mois. 
« Brigil a 15 autres projets en attente à Gatineau, a ajouté M. Desjardins. Ça représente 12 000 unités d'habitation pour environ 4 milliards de dollars de mises en chantier pour les prochains 20 ans. Si la Ville travaillait un peu plus à nous remettre nos permis de construction plus rapidement, ça générerait des millions de dollars de plus en revenus de taxes. Juste pour cette année, la Ville se prive de 6 millions $ en revenus parce qu'elle est lente à nous remettre nos permis. Ce sont aussi des milliers d'emplois qui se perdent. Dans dix ans, nous parlons de 150 millions $ au cumulatif et 550 millions $ en 20 ans. »
M. Desjardins affirme avoir attendu deux ans pour déposer officiellement son projet Place des peuples. Ce dernier croyait pouvoir négocier avec la Ville afin d'en arriver à un projet acceptable tant pour lui que pour la municipalité, mais il affirme n'avoir jamais eu de retour du service de l'urbanisme. 
« Le maire m'a aussi demandé de ne pas déposer mon projet et qu'il allait me revenir avec un projet gagnant-gagnant, mais il n'a rien proposé de satisfaisant, explique l'entrepreneur. On a donc décidé d'avancer et de déposer tous nos documents. »
M. Desjardins affirme avoir déposé pas moins de 30 concepts du projet Place des peuples. « On a présenté plusieurs concepts à la Ville dans les dernières années, mais je me sens comme un gars qui est en amour avec une femme, qui lui offre des fleurs, mais ce ne sont jamais les bonnes fleurs. Là, elle pourra choisir. »