Un ex-chauffeur de la Société de Transports de l’Outaouais (STO) coupable d’avoir asséné un coup de poing à un passager, en 2017, devra effectuer 200 heures de travaux communautaires.

Des travaux communautaires pour un coup de poing

Un ex-chauffeur de la Société de Transports de l’Outaouais (STO) coupable d’avoir asséné un coup de poing à un passager, en 2017, devra effectuer 200 heures de travaux communautaires.

Alain Blanc a été déclaré coupable de voie de fait causant des lésions, en février dernier.

L’affaire remonte au 16 novembre 2017, à l’arrêt d’autobus situé au Casino du Lac-Leamy.

Dans un autobus articulé bondé, des usagers ont crié au chauffeur qu’il devait s’arrêter à cet endroit. « Je ne suis pas un chien ! », a rétorqué le chauffeur qui se sentait brusqué par certains passagers.

L’autobus est tombé en panne par la suite, et les clients on dû descendre. Un des utilisateurs du transport en commun est retourné dans l’autobus pour y récupérer son parapluie, ce qui n’aurait pas plu à M. Blanc.

Dans sa décision, cet hiver, le juge Richard Laflamme a résumé la courte séquence, qui a conduit le chauffeur devant la justice.

« En passant à côté du conducteur (le passager) n’a aucune interaction avec lui. Lorsqu’il se trouve près du siège qu’il occupait, il sent une main sur son épaule qui le fait pivoter. Il entend un juron et se fait frapper sur la partie supérieure du nez. Il se met à saigner abondamment. »

M. Blanc a contesté cette version, qui s’est dit poussé à la limite, n’ayant d’autre choix que de se défendre devant des passagers agressifs.

Sursis de la peine

Le juge Laflamme a imposé, mardi, un sursis de la peine. Cette sentence dite « suspendue » fait en sorte qu’il évite la prison, mais qu’il devra effectuer des travaux communautaires et respecter une période de probation d’une durée de deux ans. Une sentence qui ne doit pas être confondue à une peine avec sursis, qui correspond plutôt à une peine d’emprisonnement dans la communauté.

D’ici 2021, M. Blanc devra compléter ses travaux communautaires, garder une bonne conduite et suivre une thérapie en gestion des émotions.

« M. Blanc a reconnu que ses gestes étaient démesurés, et a transmis ses excuses sincères », a retenu le magistrat. La médiatisation de l’affaire et un rapport présentenciel positif ont aussi pesé dans la balance des facteurs atténuants.

M. Blanc a indiqué au tribunal qu’il désirait poursuivre sa carrière dans l’industrie du transport. Il aurait d’ailleurs une entente avec le transporteur Transcollines, qui pourrait l’embaucher.

Théoriquement, rien n’empêcherait Transcollines de l’embaucher. Toutefois, un sursis de peine crée quand même un dossier criminel.

L’embauche sera à la discrétion du transporteur.

Si M. Blanc y travaille, son employeur devra prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que le conducteur ne croise pas la victime au dossier, qui utilise autant les services de la STO que ceux de Transcollines.