La conseillère Maude Marquis-Bissonnette présentera un changement au plan d’urbanisme dans une partie du secteur commercial du Plateau afin de permettre la construction de deux tours d’habitation.

Des tours d’habitation dans le smartcenter du Plateau

La mode des smartcenters perd de la vigueur à Gatineau, comme ailleurs en Amérique du Nord, et l’intérêt des commerçants à s’installer dans ces gigantesques noyaux commerciaux s’étiole peu à peu.

C’est notamment le cas dans le secteur du Plateau, note la conseillère Maude Marquis-Bissonnette. C’est pourquoi cette dernière présentera, ce mardi, un changement au plan d’urbanisme dans une partie de ce secteur commercial afin de permettre la construction de deux tours d’habitation destinée à une clientèle de personnes âgées autonomes et semi-autonomes.

Un Plan d’intégration et d’insertion architecturale (PIIA) adopté en 2013 prévoyait la construction de 19 nouveaux bâtiments commerciaux à l’ouest du boulevard des Grives. Cinq ans plus tard, seulement dix commerces y ont été construits et il ne semble pas y avoir d’appétit pour continuer le développement. C’est ainsi qu’en début d’année, First Capital, propriétaire des terrains, a vendu le grand terrain qui n’est toujours pas développé devant le Canadian Tire à la firme Réseau Sélection, qui se spécialise dans la construction et la gestion d’immeubles pour retraités. Il s’agira d’une première incursion en Outaouais pour ce promoteur déjà présent dans plusieurs régions du Québec.

« C’est un projet de deux tours de huit à dix étages qui auront une offre commerciale au rez-de-chaussée, précise la conseillère. Il pourrait y avoir un maximum de 400 logements locatifs. Le promoteur prévoit un stationnement sous-terrain et seulement quelques stationnements de surface. Quant à l’offre commerciale, on parle surtout de salon de coiffure, d’une pharmacie et d’autres services professionnels. Ce projet demeure conforme à nos orientations dans le secteur et la densité prévue respecte le schéma d’aménagement. »

Repenser le smartcenter
Mme Marquis-Bissonnette explique que de plus en plus de villes qui ont accueilli des smartcenters sur leur territoire se rendent compte que ce modèle n’est plus aussi attirant pour les commerçants qu’il l’était il y a dix ou vingt ans. « Il y a un virage actuellement, un peu partout en Amérique du Nord pour les smartcenters, dit-elle. Nous ne sommes pas les seuls à chercher une façon de revoir ce modèle. Il y a différents types d’aménagements qui ont été testés. Ce que nous faisons en intégrant des immeubles résidentiels correspond aux bonnes pratiques. »

En campagne électorale, Maude Marquis-Bissonnette s’était engagée à consulter la population pour voir comment ce secteur commercial fait pour l’automobile pouvait être plus accueillant pour les piétons et les cyclistes. La consultation publique doit avoir lieu plus tard cet automne. La réflexion devrait toutefois déborder sur les façons d’entrevoir le redéveloppement d’un modèle commercial dont les heures de gloire semblent être derrière lui. « Ça va permettre d’inspirer les commerçants, les promoteurs et les résidents, note la conseillère. J’ai déjà rencontré plusieurs promoteurs et je vois une ouverture de leur part. »