Selon plusieurs organismes communautaires, le portrait des sinistrés des tornades est plus sombre que ce que la Croix-Rouge le laisse croire.

Des sinistrés en pleine crise du logement à Gatineau

Des organismes d’aide au logement de Gatineau brossent un portrait beaucoup plus sombre que celui rendu public par la Croix-Rouge quant à la situation des sinistrés de la tornade qui ont été relogés ou qui attendent encore de l’être.

Les représentants de la Croix-Rouge ont affirmé, mercredi, que 28 ménages sinistrés étaient toujours hébergés à l’hôtel, trois mois après le passage de la tornade. « C’est vrai que rien n’est réglé pour ces gens, mais à notre avis la situation est bien pire, affirme Louise Guindon, directrice générale des Œuvres Isidore-Ostiguy. Il y a au moins 43 ménages qui n’ont toujours pas été relogés de manière permanente à nos yeux. Ces gens sont actuellement dans des unités l’hébergement temporaire. Ce n’est pas une solution durable. »

Mme Guindon ajoute que 77 ménages ont été relogés de « manière permanente » dans des logements pour lesquels ils n’auront pas les moyens de payer le loyer une fois que la Croix-Rouge cessera le versement de son aide financière. « Ce sont des ménages à risque, dit-elle. Que leur arrivera-t-il quand l’aide cessera vers la fin du mois de juin ? Ils sont dans des logements pour lesquels ils n’ont pas réellement la capacité de payer. Ça nous inquiète beaucoup. Ce sont des gens qui vont revenir vers nos services et pour qui tout sera à recommencer, alors que nous sommes en pleine crise du logement. »

Le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy, estime qu’une meilleure concertation des organismes d’aide au logement aurait été de mise dès le départ afin d’éviter une telle situation. Il dit craindre le pire l’été prochain en raison de ces ménages de sinistrés qui demeurent fragilisés. « La crise, nous sommes déjà dedans, dit-il. Le taux d’inoccupation de 1,2 % nécessite des mesures d’urgence de la part du gouvernement immédiatement. Lors de la crise du logement, entre 2001 et 2005, les taux d’inoccupation étaient plus élevés que ça et le gouvernement avait mis en place une aide d’urgence. On est plusieurs à nous demander pourquoi rien n’a encore été fait. Le gouvernement du Québec et la Société d’habitation du Québec doivent agir sans plus tarder. »

Le coordonnateur de Logemen’occupe demande que Québec accorde de l’aide en vertu du Programme de soutien au logement. « Ça permettait aux gens qui n’ont pas accès à des habitations à loyer modique de se reloger dans des logements privés dont le prix est trop élevé », dit-il