Jean-Claude Riverin et Marlène Maltais, résidents de la rue Cartier à Gatineau, se prépare au pire.

Des sinistrés de 2017 se préparent: «On sait que ça peut être long»

«On n’est pas résignés. On est combatifs, mais on apprend à mesurer nos énergies pour ne pas s’épuiser, parce qu’on sait que ça peut être long.»

Jean-Claude Riverin et Marlène Maltais savent très bien ce qui pourrait arriver au cours des prochains jours.

Quelque 300 sacs de sable s’empilaient mercredi dans l’entrée de leur résidence de la rue Cartier, à deux pas du pont Alonzo-Wright. Dans leur cour arrière qui borde la rivière Gatineau, le niveau de l’eau n’est pas encore menaçant. Mais les prévisions des prochains jours n’ont rien de rassurant.

Lors de la deuxième vague des inondations du printemps 2017, pas moins de 6000 sacs avaient été installés pour tenter de protéger la maison du couple Riverin-Maltais. L’eau n’avait malgré tout pas épargné leur sous-sol. Les travaux subséquents s’étaient échelonnés sur plusieurs mois.

Le couple — dans la soixantaine avancée — veut embaucher des ouvriers pour monter une digue de sacs de sable en prévision de la crue. Les pompes sont prêtes à affronter l’eau.

«On est plus lucides, sans être paniqués, souligne M. Riverin. On est plus conscients de toute la tâche, alors on est plus aux aguets, plus alertes.»

Même si le printemps 2017 est synonyme de mauvais souvenirs, le couple garde aussi en tête de beaux moments d’entraide et de solidarité.

«Les gens ont tellement été généreux, se rappelle M. Riverin. Ça, ça donnait de la force.»

Le conseiller municipal Cédric Tessier, qui représentait alors le district de Limbour, était sur place «tous les jours, deux fois par jour», se souvient Mme Maltais. «Le maire [Maxime Pedneaud-Jobin] est aussi venu trois fois, ça nous a encouragés», ajoute-t-elle.

Il y a aussi eu tous ces amis, ces voisins, même ces inconnus, venus donner un coup de main aux sinistrés avec les sacs de sable.

Le couple a aussi pu compter sur des amis pour surveiller leurs pompes afin de pouvoir se reposer. «On se relayait toutes les deux heures, raconte Mme Maltais. On a eu des amis qui sont venus pendant deux nuits, ça nous a permis de dormir.»

Certains ont apporté des repas chauds. D’autres ont offert de repartir avec de la lessive. De petits gestes d’entraide qui ont permis, ensemble, d’enlever «beaucoup de stress».

Même s’ils ignorent encore à quoi ressemblera le printemps 2019, Jean-Claude Riverin et Marlène Maltais savent ainsi que si l’eau monte trop, ils ne seront pas seuls à l’affronter.