Six sinistrés de la tornade qui habitaient à la Coop Reboul ont été hébergés à la Coop Haute-Rive. Tout ne s’est pas passé comme prévu.

Des sinistrés au cœur d’une tempête

Deux jours après le passage de la tornade qui s’est abattue sur Gatineau en septembre 2018, Robert Gratton, administrateur d’Habitat urbain de l’Outaouais (HUO), envoie un courriel à la Coopérative d’habitation Reboul pour informer le conseil d’administration que des coopératives que dessert l’organisme sont prêtes à mettre des logis vacants à la disposition des sinistrés.

L’offre est accueillie avec soulagement par les gens de Reboul, dont quelques immeubles ont été littéralement soufflés. La coopérative fondée en 1975, la plus ancienne et la plus importante à Gatineau, compte 16 sinistrés. Ces locataires savent très bien qu’ils bénéficient probablement des loyers les plus bas en ville. Les administrateurs de la coopérative de la Haute Rive d’Aylmer, dans un esprit coopératif, évoquent la possibilité d’offrir des logements au prix de Reboul, ce qui représente quelques centaines de dollars de différence par mois, par sinistré. Six sinistrés de Reboul ont accepté l’offre et ont emménagé à Haute Rive.

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Entre temps, HUO a sollicité ses douze coopératives membres pour une campagne de financement pour aider les sinistrés de Reboul.

Un peu plus de 8000 $ seront amassés. Robert Gratton a fait deux dons personnels totalisant 1200 $.

Sylvie Beaudin est l’une des sinistrées ayant quitté Reboul pour Haute Rive.

Elle raconte que peu de temps après leur arrivée, M. Gratton et la coopérative ont commencé à exercer des pressions pour faire augmenter les loyers.

« On s’attendait à ce que l’argent ramassé en notre nom nous revienne, ou à notre coopérative, mais quand ils [HUO] ont vu la différence des loyers, ils ont décidé de garder l’argent de leur campagne de financement pour payer à la coopérative Haute Rive la différence des loyers, explique Mme Beaudin. On a accepté. On n’avait pas le choix. »

Les sinistrés ont par la suite été avisés, en janvier, que les fonds seraient à sec dès la fin du mois de juin et qu’ils devraient débourser les centaines de dollars de plus par mois, ou quitter.

Mme Beaudin allègue que ces logements ne leur ont pas été offerts de bon cœur.

« C’était une façon pour M. Gratton, trésorier de Haute Rive, de renflouer les coffres d’une coopérative en difficulté, allègue Mme Beaudin. Il avait un agenda et un but financier. Là, on est victime de ce que j’appellerais du harcèlement. On se fait reprocher notre manque de reconnaissance. On reçoit sans cesse des avis de paiement. Sur le terrain de la coopérative, on se fait photographier par des administrateurs quand on est ensemble, la gang de Reboul. Ce sont des gens en position d’autorité qui font ça. C’est de la surveillance. On n’avait finalement vraiment pas besoin de ça après la tornade. »