Le syndicat entend contester les décisions de la STO.

Des recours légaux contre la STO

Le syndicat des chauffeurs et employés de l'entretien de la Société de transport de l'Outaouais (STO) entend prendre des mesures légales pour que ses membres soient payés même s'ils sont retournés à la maison lorsque des autobus ne sont pas en mesure de prendre la route.
Le président du syndicat, Félix Gendron, soutient qu'à deux reprises cette semaine, des chauffeurs ont subi des pertes salariales en raison d'un manque d'autobus. Selon le syndicat, des membres ont dû rebrousser chemin après s'être présentés au travail même s'il y avait des autobus en état de rouler qui demeuraient immobiles au garage.
Le transporteur public a pour sa part affirmé, plus tôt cette semaine, que «tous les autobus disponibles et sécuritaires sont mis sur la route sans délai». La porte-parole de la STO, Céline Gauthier, a indiqué que les chauffeurs sont payés pendant le «temps d'attente», mais qu'ils cessent de l'être s'ils sont retournés à la maison, car selon l'employeur, la convention collection ne s'applique pas en temps de grève.
Sans vouloir dévoiler les détails des recours que le syndicat compte utiliser pour que les chauffeurs concernés soient rémunérés, M. Gendron a indiqué qu'il s'agit de moyens légaux se basant sur la législation en vigueur en matière de travail, et non sur la convention collective.
Le choix des chauffeurs qui sont renvoyés à la maison se fait de manière «aléatoire», affirme M. Gendron. «L'employeur choisit la veille les voyages qui seront annulés le lendemain, quand il y a pourtant des mécaniciens qui travaillent la nuit, dit-il. [...] Il y a même des chauffeurs que sur l'horaire, leur voyage était annulé et finalement, il a eu lieu. [...] C'est désolant pour la population.»
Reprise des négociations
Mme Gauthier n'a pas voulu commenter cette volonté du syndicat de contester les décision de l'employeur. «Ça leur appartient de faire les suivis qu'ils jugent opportun de faire, a-t-elle indiqué. Pour notre part, on s'en remet à la reprise des négociation.»
Malgré la bisbille qui se poursuit à différents égards depuis le début des moyens de pression le 20 janvier, Félix Gendron affirme que l'exécutif ne se présentera pas à reculons aux négociations, qui doivent reprendre lundi.
«Ce qui se passe, c'est frustrant pour nos membres, mais du côté du syndicat, il faut passer par-dessus ça et aller toucher à l'eau pour voir à quelle température elle est», a-t-il mentionné.
Selon M. Gendron, les usagers semblent bien comprendre la situation, de sorte que le niveau de frustration «est moins pire que lors de l'ouverture du Rapibus», à l'automne 2013.
La convention collective des chauffeurs et employés de l'entretien de la STO est échue depuis le 31 décembre 2014. Parmi les points en litige se trouvent la question salariale et celle des temps de battement, soit la durée des pauses entre la fin d'un voyage et un nouveau départ.
La STO a annulé 63 voyages à l'heure de pointe matinale de vendredi, et a annoncé environ 80 annulations lors du retour à la maison. En plus de n'effectuer aucune heure supplémentaire, les syndiqués de la STO signalent toute défectuosité observée sur les autobus, et respectent à la lettre les limites de vitesse. Ils portent également les vêtements de leur choix derrière leur volant.