Le deuxième toit vert sur le territoire de Gatineau sera construit sur un bâtiment qui sera bordé par la place publique du projet Agora.
Le deuxième toit vert sur le territoire de Gatineau sera construit sur un bâtiment qui sera bordé par la place publique du projet Agora.

Des premiers toits verts feront leur apparition à Gatineau

Le nouveau règlement municipal sur les toits verts qui a été vilipendé et contesté par l’industrie de la construction n’a toujours pas force de loi à Gatineau, mais cela n’empêche pas certains promoteurs d’innover et d’intégrer ce type d’infrastructure écologique à leurs nouveaux projets.

Le conseil municipal a autorisé, mardi, les modifications réglementaires nécessaires à la construction d’un deuxième toit vert sur le territoire de Gatineau. «C’est un petit bâtiment qui sera bordé par la place publique du projet Agora, juste en face du parc Central, a indiqué la conseillère du district du Plateau, Maude Marquis-Bissonnette. Ce sera un restaurant avec un permis de bar-terrasse. C’est un bâtiment d’un étage. Il aura un toit vert qui servira aussi de terrasse.»

Le projet développé par Junic dans le Plateau est un «bon exemple», selon la conseillère, d’à quel point un bâtiment plus écologique peut être rendu plus intéressant. «Dans ce cas-ci, l’utilisation du toit vert permet de maximiser l’espace et améliore la qualité de vie.»

Un troisième toit vert doit aussi éventuellement voir le jour, cette fois à l’entrée du Vieux-Aylmer. L’ancienne école construite en pierre en 1861 à l’angle de la rue Principale et du boulevard Wilfrid-Lavigne doit être intégrée à un important complexe immobilier destiné aux 55 ans et plus. Le promoteur, EMD-Batimo, prévoit conserver et intégrer l’aspect patrimonial de l’ancienne Académie d’Aylmer à son projet, en plus d’aménager un toit vert.

Le premier toit vert a été aménagé par Les Industries CAMA. Il est intégré au nouveau siège social de l’Office d’habitation de l’Outaouais (OHO).

La conseillère du district du Plateau, Maude Marquis-Bissonnette

«Que quelques projets voient le jour dans la ville actuellement, c’est extrêmement positif, estime Mme Marquis-Bissonnette. Ça démontre que c’est une façon d’aménager notre territoire pour qu’on diminue notre empreinte écologique et qu’il soit plus résilient aux changements climatiques.»

Règlement toujours pas valide
Le président de BBL Con, Sylvain Bertrand, continue pour sa part à être en première ligne pour contester la réglementation que la Ville de Gatineau tente de mettre en place pour forcer les aménagements de toits verts. En vertu de cette réglementation, les promoteurs devraient intégrer 20 % de couvert végétal sur les toits d’une superficie de plus de 2000 m2

L’industrie de la construction s’est montrée vivement réfractaire à se faire imposer une telle réglementation sans pouvoir, dit-elle, profiter d’une période de transition et de négociation avec la Ville. L’Association de la construction du Québec (ACQ) a d’ailleurs porté sa cause devant la Commission municipale où elle conteste la validité du règlement.

L’audition devant la commission a eu lieu le 6 mai dernier. Le tribunal administratif n’a toujours pas rendu sa décision. L’ACQ prévient que si la commission devait juger le règlement de la Ville de Gatineau valide, elle se tournera vers la Cour supérieure pour une demande de sursis.