Yves Ducharme, conseiller en communication chez Brigil

Des élus se sont sentis bousculés par les méthodes de Brigil

Plusieurs élus indépendants ont affirmé au Droit, au cours des derniers jours, s’être sentis bousculés, cet été, par les méthodes « agressives » de lobbying utilisées par l’équipe Brigil pour vendre le projet Place des peuples aux membres du conseil municipal. Le conseiller de Brigil en matière de communications, Yves Ducharme, affirme pour sa part n’avoir fait que son travail.

Le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, a été le seul élu, mardi soir, lors de son allocution précédant le vote sur la protection patrimoniale du quartier du Musée, à effleurer la question en parlant du « lobbying soutenu » exercé par le promoteur immobilier.

En entrevue avec Le Droit, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a confirmé qu’un malaise avait gagné certains élus indépendants par rapport aux efforts faits par Brigil pour tenter de convaincre les conseillers qui demeuraient indécis.

« C’est clair que ç’a été une campagne agressive de leur part, dit-il. C’était déjà très agressif en campagne électorale. Je ne pense pas qu’en 2018, c’est comme ça qu’on doit travailler. Il faut plus de dialogue et d’écoute. Il y a des façons plus modernes de travailler. »

M. Ducharme rappelle que le promoteur Gilles Desjardins et son équipe souhaitaient vivement entamer un véritable dialogue avec la Ville et ses professionnels dans le dossier des tours, mais que les portes sont toujours demeurées fermées. Il se défend par ailleurs d’avoir été trop agressif dans ses efforts de lobbying.

« On parle d’un projet iconique, hors norme, de plus de 400 millions $, insiste-t-il. Si de transmettre aux élus l’information que Brigil produisait concernant son projet, si de s’assurer que tout le monde avait bien reçu les informations qu’on faisait parvenir, si vouloir organiser des rencontres d’information, si quelques coups de téléphone et des courriels pour rappeler aux élus qu’ils pouvaient me contacter pour avoir plus d’information sont perçus comme de l’insistance, alors oui, nous avons été insistants. Mais on ne traite pas un tel projet sur le coin d’une table en cinq minutes. Nous n’avons fait que notre travail. Là, c’est fini, on passe à un autre appel. »