La conseillère Audrey Bureau en a gros sur le coeur contre le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Des élus craignent ne pas avoir eu le vrai portrait

Des élus gatinois s’inquiètent de ne pas avoir eu, au cours des dernières années, le portrait réel de la part des hauts fonctionnaires de la Ville concernant les enjeux de ressources humaines au service des infrastructures.

« Si l’administration avait des doléances budgétaires à faire pour l’embauche de ressources humaines, elle se devait de la faire, insiste la conseillère Audrey Bureau. Elle ne peut pas reconnaître qu’il manque de monde et ne pas nous présenter un plan pour régler la situation. L’administration ne peut pas taire le manque de ressources humaines alors qu’on lui demande comment régler nos problèmes de livraison de projets chaque année lors du bilan. C’est préoccupant ce qui s’est passé au service des infrastructures. J’attends avec impatience le plan de redressement qui doit nous être présenté. J’ai vraiment beaucoup de questions à poser. »

Dans l’édition du Droit de mercredi, le directeur général adjoint, André Turgeon, affirmait que la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée demeurait un enjeu important pour le service des infrastructures, mais aussi pour les firmes qu’embauche la Ville pour réaliser la majeure partie des travaux sur son territoire. Il admettait aussi que l’imposition de la taxe dédiée aux infrastructures de 1 % perçue chaque année faisait naturellement augmenter le nombre de projets à réaliser, mais que le personnel qualifié pour le faire n’avait pas toujours suivi cette croissance des responsabilités. Il ajoutait qu’un « diagnostic démontrant que des ajustements sont nécessaires » a été réalisé, mais que « le service n’a pas fait le suivi auprès du conseil dans les dernières années ».

Le président du conseil, Daniel Champagne, a affirmé « apprécier la franchise » de l’administration qui reconnaît « ne pas avoir donné toute l’information nécessaire » concernant ses défis de main-d’oeuvre. « L’administration, dans sa volonté de transparence, a démontré qu’il y a effectivement un défi. Nous en étions conscients comme élus, mais peut-être pas que ça avait l’ampleur de ce qui est relaté dans le journal. Une fois que c’est dit, regardons vers l’avenir pour répondre ensemble aux objectifs qu’on s’est donné en matière d’infrastructures. »

Malgré l’admission de son directeur général adjoint, le maire Maxime Pedneaud-Jobin assure, pour sa part, que l’administration a toujours donné le vrai portrait de la situation. « C’était un problème dans le temps […] et c’est pour ça qu’on a embauché des gens qui sont maintenant plus à même de livrer plus de projets qu’avant », a-t-il affirmé.

La conseillère Louise Boudrias affirme ne pas avoir été rassurée par les propos du directeur adjoint. Elle dit ne pas douter de la capacité du service des infrastructures à livrer les projets lorsqu’ils sont assignés à un ingénieur municipal, « mais le problème, c’est la difficulté à assigner tous les projets », ajoute-t-elle en rappelant qu’il y a pour des dizaines de millions $ de projet qui ne sont toujours pas assignés à un ingénieur alors qu’ils devraient l’être parfois depuis quelques années.

« Si en plus les services ne nous ont pas donné le portrait réel de la situation sur le terrain, c’est inacceptable, dit-elle. Il faut que le conseil soit saisi de cette question rapidement. Nous taxons les citoyens chaque année pour des travaux qui ne se font pas en raison d’un manque de personnel. »

Questionné à savoir si la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée est de nature à nuire à la livraison des projets d’infrastructures à Gatineau, le maire Maxime Pedneaud-Jobin s’est avoué incapable de répondre. « Je ne suis absolument pas capable de répondre à cette question-là précisément, a-t-il indiqué. Tout ce que je peux dire c’est que la pénurie de main-d’oeuvre, pour la Ville de Gatineau et les entreprises, c’est un des grands problèmes de ces années-ci. »