Des travaux de rénovation ont été effectués cette année à l'école Saint-Paul.

Des commissaires se sentent mal informés à la CSPO

Des élus de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) affirment avoir de la misère à prendre des décisions éclairées, estimant qu’ils n’obtiennent pas toutes les informations nécessaires de la part de l’administration.

«On est pris dans un carcan où tout arrive à la dernière minute, s’insurge le commissaire Alain Gauthier. Dans ce contexte-là, je n’ai même plus confiance que les décisions qu’on prend du premier coup sont les bonnes.»

Le commissaire Gauthier cite en exemple le dossier de la future école primaire 036, qui doit être érigée dans le quartier du Plateau. Il indique qu’au moment où il a été décidé d’annuler l’appel d’offres pour la construction de l’école afin de pouvoir y ajouter près de 400 mètres carrés, l’information reçue de la part de la direction lui faisait croire que le montant alloué par Québec aurait sinon été «amputé de 2,5 millions$».

Sa collègue à la table du conseil des commissaires, Nathalie Villeneuve, confirme que l’information présentée indiquait que le financement provincial pour la construction de l’école serait amoindri. «C’est l’information qu’on a eue, dit-elle. [...] Cette information-là, elle nous a été livrée à 22h, sur le coin d’une table. [...] Tout le monde avait compris qu’on aurait manqué de sous [pour construire l’école].»

En annulant l’appel d’offres, la CSPO avait annoncé que l’ouverture de l’établissement serait de nouveau reportée et qu’elle n’aurait pas lieu avant 2021. Le directeur général de la CSPO, Jean-Claude Bouchard, avait alors plaidé qu’il s’agissait d’un «choix judicieux», puisqu’une plus grande superficie représentait «un choix pour les 50 prochaines années».

Peu de temps après, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a toutefois réagi en affirmant que la CSPO «aurait pu refuser [d’opter pour une plus grande superficie] et continuer son projet». Une séance extraordinaire du conseil des commissaires a ensuite été convoquée et les élus ont voté pour que l’appel d’offres soit relancé afin que l’école 036 puisse ouvrir dès 2020.

M. Gauthier et Mme Villeneuve déplorent qu’en plus de sentir qu’ils n’ont pas accès à toutes les informations pour prendre des décisions, celles qui sont présentées arrivent «à la dernière minute». «Le nombre de décisions qu’on a prises dans la dernière année à minuit moins cinq, quand le sujet n’apparaissait nulle part à un ordre du jour, c’est ahurissant, lance M. Gauthier. Comment peut-on avoir le [sentiment] qu’on fait notre devoir? [...] Je n’ai aucune certitude que ce qu’on m’a présenté, dans les faits, représente une présentation juste et neutre de la situation.»

Mme Villeneuve avoue qu’elle se «pose sérieusement des questions» à savoir si elle obtient «toute l’information» de la part de l’administration de la CSPO. «Ça ne me donne pas confiance que j’ai tous les éléments pour prendre les bonnes décisions», ajoute-t-elle.

Pour le dossier spécifique de l’école 036, la commissaire du secteur du Plateau souhaite maintenant qu’un compte rendu de l’évolution du projet soit fait lors de chaque rencontre du conseil des commissaires.

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PROTOCOLE POUR LES TRAVAUX

Réagissant à des critiques sur les délais dans l’exécution de travaux à des écoles de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), le président de la CSPO, Mario Crevier, a tenu à signaler que des projets de rénovation peuvent accuser du retard en raison de la fenêtre très courte qu’est l’été pour la construction.

M. Crevier répondait jeudi aux griefs formulés mercredi soir par la commissaire Francine Lorange en marge de la séance ordinaire du Conseil des commissaires. Mme Lorange a notamment dénoncé les retards dans l’octroi de contrats et dans l’exécution de travaux.

«En 33 ans, c’est la première fois que je vois autant de problématiques. Ça retontit tous les jours», avait-elle déclaré en point de presse.

Mario Crevier a indiqué que Mme Lorange a exprimé sa position personnelle, qui «n’est pas la position officielle du Conseil des commissaires, en passant», a-t-il tenu à souligner.

«Elle a dit ça de son propre chef, et ce n’est pas ce qu’on croit au Conseil», a continué M. Crevier.

M. Crevier a indiqué que le Conseil des commissaires a mandaté la direction générale pour qu’elle mette en place un protocole sur l’évolution des travaux dans chaque école, actuels et à venir, avec des dates de début et des dates de fin potentielles afin d’avoir le portrait de ce qui se passe, y compris avec les nouvelles écoles, a-t-il précisé, tout en concédant qu’il peut y avoir une lacune au chapitre des communications.

«On est sûrs qu’on va y arriver afin que ce soit plus clair pour tout le monde, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, de frustration», a précisé M. Crevier.

Par ailleurs, Mme Lorange a tenu à préciser qu’elle n’aurait pas dû utiliser le mot «irrégularités» en point de presse, mais plutôt le mot «retard», à propos des contrats.

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BLONDIN DE RETOUR À LA CSPO ?

L’ancien président de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) et actuel échevin à Gatineau, Jocelyn Blondin, n’écarte pas un retour à la CSPO à la suite du mécontentement exprimé par des commissaires concernant des délais dans l’octroi de contrats et dans la réalisation de travaux de construction. 

«Ça me manque d’être à la CSPO. Je ne peux pas vous cacher ça. Quand je vois ce qui se passe à la commission scolaire, les commentaires que j’entends des gens, le personnel qui me rencontre sur ce qui ne fonctionne pas, ça vient me chercher. Ça me fait de quoi», a-t-il expliqué. 

M. Blondin fut le premier président de la CSPO. Il y a été pendant 16 ans. «Je ne veux pas la peau à Mario Crevier (président). J’ai travaillé avec lui à la CSPO et c’est un chic type. C’est une bonne personne. Je n’ai rien contre lui. Mais si pour une raison x Mario démissionnait ou quoi que ce soit, oui, ça m’intéresserait», a continué le conseiller municipal, qui resterait en poste à l’hôtel de ville tout en se délestant de certaines responsabilités s’il devait retourner à la CSPO. 

«Pour le moment, Mario est là, et je le respecte beaucoup. S’il reste, tant mieux, mais il va falloir qu’il mette son pied à terre», a ajouté M. Blondin, tout en précisant que c’est l’élève qui doit être au centre des préoccupations.