Plus de 140 boîtes de dons se trouvaient à Gatineau, selon l’inventaire dressé il y a un an.

Des boîtes de dons appelées à disparaître à Gatineau

La nouvelle réglementation gatinoise sur les boîtes de dons qui devrait être adoptée la semaine prochaine par le conseil municipal fera disparaître environ 40 % des boîtes actuellement réparties aux quatre coins de la ville.

Selon l’inventaire dressé il y a un an, plus de 140 boîtes de dons se trouvaient alors à Gatineau. De ce nombre, 40 % appartenaient à Éco-Recyclage, une firme privée à but lucratif basée à Laval.

La commission du développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement a recommandé la mise place d’un système de permis autorisant seulement les boîtes de dons d’organismes gatinois à but non lucratif. Le conseil doit voter sur cette question mardi prochain.

Si les changements proposés vont de l’avant, un permis devra être obtenu, au coût de 60 $, pour chaque terrain où les organismes souhaitent installer une boîte de dons. Le renouvellement annuel se fera sans frais, et des amendes sont imposées aux contrevenants.

« C’est un premier pas », a réagi le président des Grands Frères Grandes Sœurs de l’Outaouais (GFGSO), Richard Gravel.

M. Gravel a dénoncé que le secteur privé soit en train d’inonder le territoire gatinois de nouvelles boîtes afin d’y recueillir des vêtements qui sont ensuite vendus pour faire des profits. La population n’étant « pas bien informée », les organismes communautaires régionaux se retrouvent à perdre de précieux dons, affirme le président des GFGSO.

Le conseiller du district du Lac-Beauchamp, Jean-François LeBlanc, a fait part de sa réticence à interdire les boîtes appartenant à des entreprises privées. « L’objectif ultime, c’est d’arrêter d’envoyer du linge dans les poubelles et de l’enfouir, a-t-il dit. Là, il y a 40 % des boîtes qu’on va enlever. Est-ce que les organismes à but non lucratif vont être capables de remplacer ce manque ? […] Il y a beaucoup de gens qui vont juste aller à [la boîte] la plus proche. »

M. LeBlanc a notamment soulevé l’idée d’imposer des frais de 100 $ par mois pour chaque boîte installée par une entreprise privée, pour ensuite redonner cet argent aux organismes à but non lucratif. Il n’a pas voulu s’avancer à savoir s’il votera pour ou contre le changement de réglementation mardi prochain, préférant dire qu’il aura « la possibilité de poser d’autres questions » sur ce dossier.

La conseillère qui préside la commission du développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette, a rétorqué que les changements proposés concordent avec « la volonté du milieu […] de favoriser les organisations locales qui redonnent aussi au niveau local ».

« Il y a une seule entreprise privée qui détient une grande proportion des boîtes de dons sur le territoire, qui est installée à l’extérieur de la région, donc tout ce qui est ramassé est revendu à l’extérieur de la région, a-t-elle dit. La volonté, c’était plutôt de garder ça sur le territoire et de redonner sur le territoire, parce qu’on sait que les besoins sont là. »