La conseillère sortante du district de Hull, Denise Laferrière, se désole de la fermeture du Café Show.

Dernier mandat pour Denise Laferrière

Les prochaines élections municipales sont encore bien loin, mais on peut déjà prévoir que le quartier du centre-ville de Gatineau sera le théâtre d'une lutte enlevante en 2017. La conseillère Denise Laferrière a confié au Droit, hier, qu'elle quittera la politique, et la région, dès la fin du présent mandat.
« Il y a un temps pour faire de la politique et un temps pour donner sa place, lance-t-elle. Je suis bien trop orgueilleuse pour perdre mes élections. Il faut savoir partir quand c'est le temps. »
Ce n'est cependant pas la crainte de la défaite qui pousse Mme Laferrière à quitter la politique municipale, elle qui occupe son poste de conseillère depuis quatre mandats et qui remporte ses élections avec des majorités confortables.
C'est plutôt la volonté de se rapprocher de ses trois enfants et de ses quatre petits-enfants qui la motive à faire ce choix.
« Comme plusieurs personnes en Outaouais, je suis arrivée dans la région parce que mon mari a eu un emploi au fédéral, à l'Agence canadienne de développement international (ACDI), précise-t-elle. Depuis sa mort survenue en même temps que mon élection l'automne dernier, tout ce qui me retient ici, ce sont mes électeurs. Je suis une personne de devoir. Les gens m'ont fait confiance. Je ne quitterai pas avant la fin de mon mandat. Ensuite, je vais quitter la région, probablement pour aller m'établir dans la région de Montréal. »
Les enfants et petits-enfants de Mme Laferrière n'habitent pas en Outaouais. Ils sont à Montréal et dans la région de Drummondville.
« Ils n'ont malheureusement pas étudié ici, dit-elle. Peut-être que si on avait eu une université qui se respectait ils seraient encore dans la région, mais ce n'est pas le cas. C'est une des raisons pourquoi je peste continuellement quant au retard de nos institutions d'enseignement. »
Denise Laferrière est arrivée dans la région en 1986. Son mari avait précédé le reste de sa famille de six mois dans la région. « Il n'avait pas encore de permanence au fédéral, raconte Mme Laferrière. Il est resté pendant six mois au motel Duvernay pendant que moi je restais avec les enfants à Trois-Rivières. »
Une fois dans la région, Mme Laferrière n'a pas tardé à s'impliquer politiquement. Elle aura été conseillère municipale dans le centre-ville pendant 16 ans après avoir fait 13 ans de politique scolaire, dont plusieurs années à titre de présidente de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais.
Un legs
La conseillère du quartier Hull-Wright souhaite laisser un legs pour son quartier. « Quelque chose qui va marquer le centre-ville », affirme-t-elle.
C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle refuse de lancer la serviette dans le dossier du centre multifonctionnel. « Nous avons beaucoup travaillé à démontrer que la fusion était positive pour la Ville de Gatineau, note-t-elle. J'ai hâte qu'on pense au centre-ville. Je ne veux pas me plaindre. Plusieurs choses ont été réalisées, mais là ça prend quelque chose qui marque. »
« Que ce soit le centre multifonctionnel ou le ruisseau de la Brasserie qu'il faut absolument animer et dont la qualité de l'eau doit être améliorée, mais il faut quelque chose sinon je vais quitter avec un goût amer dans la bouche. »
Remplacée par une femme ?
Celui qui voudra succéder à Mme Laferrière devra s'impliquer dans sa communauté bien avant les six mois qui précéderont la campagne électorale.
« Et comme j'annonce tout de suite que je ne serai pas de retour, ça ne prendra personne par surprise, insiste-t-elle. Je souhaite une bonne bataille électorale. Le centre-ville est si important pour la Ville de Gatineau. J'aimerais bien que ce soit une femme qui me remplace. Nous sommes si peu nombreuses autour de la table. »