Dérapage au 9-1-1: un cas isolé selon le chef de police

Le dérapage survenu dans les minutes ayant précédé le meurtre de Thérèse Gauvreau, le 18 janvier dernier, est un « cas isolé » occasionné par une « erreur de jugement et de codification » faite par un préposé du centre d'appels urgents 911, conclut le chef de la police de Gatineau, Mario Harel.
Une autopatrouille aurait dû être envoyée en priorité sur le boulevard Cité-des-Jeunes dans les 60 secondes suivant la réception de l'appel d'urgence, a confirmé le chef du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), mardi matin devant le conseil municipal. « C'était clair, en fonction de ce que la personne exprimait lors de l'appel, qu'un véhicule de police aurait dû être envoyé de façon prioritaire », affirme Mario Harel.
Ce dernier présentait les résultats de l'analyse approfondie du centre d'appels 911 de Gatineau exigé par les élus à la suite du meurtre de Mme Gauvreau. Les policiers ont mis 31 minutes à se rendre à la résidence de l'octogénaire après l'appel d'urgence logé par un voisin de la victime.
Le chef du SPVG a expliqué qu'un appel pour signaler un individu ou un véhicule suspect est généralement considéré comme une priorité 4 et est ainsi enregistré automatiquement dans le système informatique du centre d'appels d'urgence. L'opérateur peut toutefois modifier la cote de priorité de façon manuelle en fonction de ce qui lui est dit au téléphone. Mario Harel indique que ça n'a pas été le cas le 18 janvier dernier.
Puisque tous les véhicules étaient occupés et que la cote de priorité était plus basse, aucun véhicule n'a été envoyé sur-le-champ pour répondre à cet appel. Une demande d'intervention pour un cas de violence conjugale dans le même secteur avait été logée au 9-1-1 quelques minutes avant la réception de l'appel du voisin de Mme Gauvreau. Dès qu'une autopatrouille s'est libérée - après une pause repas -, des policiers ont été envoyés immédiatement au domicile de Mme Gauvreau, sans toutefois avoir d'information sur le contexte d'urgence de l'appel. Une fois sur place ils ont découvert qu'un homicide venait d'être commis.
Le SPVG a remonté deux ans en arrière pour faire l'analyse de 24 500 appels du même type que celui entré à 11 h 43 le 18 janvier, à savoir l'identification d'une personne à l'allure suspecte. Seulement 17 de ces appels ont mené à un changement du code de priorité en cours d'opération. Un seul autre, en 2015, s'est soldé par un homicide. 
Des mesures administratives ont été prises contre le préposé fautif. Ce dernier ne travaille plus au centre d'appels urgents 911, mais il est toujours à l'emploi de la Ville. Le chef Harel soutient que les préposés du centre « travaillent de manière adéquate, selon les directives en place ». 
La conseillère Louise Boudrias qui avait demandé une enquête externe dans les jours suivants le drame de janvier dernier a affirmé que sans remettre en doute la compétence du SPVG à faire l'analyse de la situation, elle continue de croire que le recours à une firme externe aurait été pertinent. Quant à la candidate à la mairie, Sylvie Goneau, elle a affirmé être « confortable avec les résultats de l'analyse » et « contente de constater qu'un retour en arrière a été fait pour déterminer qu'il s'agissait bien d'un cas isolé ».