Les défenseurs du patrimoine du secteur Aylmer auront les élus de Gatineau bien à l’œil, mardi soir, alors que le conseil municipal doit autoriser, ou rejeter, le projet controversé du 22, rue Principale.

Dénouement pour le 22, rue Principale

Les défenseurs du patrimoine du secteur Aylmer auront les élus de Gatineau bien à l’œil, mardi soir, alors que le conseil municipal doit autoriser, ou rejeter, le projet controversé du 22, rue Principale.

Le promoteur Denis Cléroux attend depuis des années l’autorisation pour ériger un immeuble d’une dizaine d’unités de condominium sur ce terrain qui est actuellement un stationnement au cœur du Vieux-Aylmer. Le projet a été plusieurs fois retardé et modifié. Il s’agit du premier cas d’insertion d’une telle ampleur depuis la création du site du patrimoine de la rue Principale.

Pour les défenseurs du patrimoine, ce projet n’est rien de moins qu’un cheval de Troie dans le quartier. Ils craignent que cela n’ouvre la porte à plusieurs autres projets de construction de la sorte. Une pétition de près de 500 signataires s’opposant au projet a été transmise plus tôt cette année au conseil municipal. Le service de l’urbanisme et le comité consultatif de l’urbanisme (CCU) recommanderaient au conseil d’approuver ce projet. Pour le président du CCU, Jocelyn Blondin, «il est temps que ça avance» dans ce dossier.

Le cas du 22, rue Principale est d’ailleurs à l’origine de deux autres résolutions touchant le Vieux-Aylmer au conseil de mardi, à savoir la création d’un conseil local du patrimoine et la mise en place d’un plan particulier d’urbanisme (PPU) spécialement dédié au secteur. La conseillère du quartier, Audrey Bureau, affirme que ce nouveau PPU servirait à déterminer la vision à long terme que souhaite se donner la ville pour le développement de la rue Principale. «C’est un outil pour clarifier nos attentes et exigences dans le secteur envers tous ceux intéressés à le développer», dit-elle.

Pour le président de la Fédération histoire Québec et ancien président du CCU, Richard Bégin, le dossier du 22, rue Principale a toujours été un exemple marquant des lacunes réglementaires et du manque d’outils pour assurer la préservation du patrimoine à Gatineau. «Il y a eu beaucoup de travail pour améliorer ce projet pendant mon mandat, mais à la fin, notre réglementation ne nous permettait pas d’aller plus loin dans nos exigences.»