Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Démolition du pont Alexandra: pas un argument pour un pont dans l’est, dit Pedneaud-Jobin

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, s’attendait à voir le gouvernement fédéral passer de la parole aux actes en annonçant, dans le budget, mardi, qu’il débloquait les sommes nécessaires à la réalisation des grands projets de transports en commun au Québec, dont le train léger pour desservir l’ouest de la ville, mais il n’en est rien.

Encore plus frustrant pour le maire de Gatineau, le gouvernement fédéral annonce qu’il relance le processus pour la construction d’un sixième pont à l’est. «Je ne comprends pas du tout cette volonté-là du fédéral, a-t-il affirmé. Les solutions aux problèmes de transport, on est en train de les mettre en place et ça passe avant tout par le transport en commun. Ce que le fédéral relance, c’est l’équivalent du processus qui a échoué il y a à peine cinq ans, un processus du haut vers le bas. La dernière fois les études ont fini sur les tablettes. Ce processus nous a menés dans un cul-de-sac. Selon moi, les mêmes moyens donneront les mêmes résultats.»

À LIRE AUSSI: Le pont Alexandra détruit d'ici dix ans

À LIRE AUSSI: Un pont à l'île Kettle n'est pas une option pour le maire d'Ottawa

Les seules sommes supplémentaires qui pourraient être utilisées à financer le projet de train léger de Gatineau sont contenues dans l’annonce de doubler, pour cette année seulement, le versement de la taxe sur l’essence. Pour Gatineau, cela pourrait représenter une somme supplémentaire d’environ 16 millions $ de plus. «Mais pour un projet de 2,1 milliards $, c’est un peu ça la mauvaise nouvelle, note le maire. Il n’y a pas de fonds supplémentaires d’importance pour le transport collectif. Ce qui était une bataille budgétaire se transforme maintenant en enjeu électoral. On va vouloir obtenir des fonds supplémentaires pour financer notre projet. Ce n’est pas un projet de luxe. C’est s’attaquer au principal problème contemporain qui s’appelle les changements climatiques. Ça prend des ressources.»

Par ailleurs, la démolition maintenant confirmée du pont Alexandra, d’ici cinq à dix ans, n’est pas, selon le maire Pedneaud-Jobin, un argument pour la construction d’un pont à l’île Kettle. «Je ne pense pas qu’on doive construire une nouvelle infrastructure de plusieurs milliards de dollars [pont dans l’est] pour régler un problème qui va durer quelques années, lance-t-il. Je le répète, des infrastructures supplémentaires pour les voitures ne font que mettre plus de voitures sur le réseau routier. La solution aux enjeux de transport, c’est le transport en commun et c’est encore plus pertinent  dans une région où les gens partent tous du même endroit, au point A, pour tous aller au même point B.»

Le maire Pedneaud-Jobin a réitéré, mardi, que l’objectif qu’il se fixe avec le projet de train léger est d’avoir un système en place, en opération, dans dix ans. «Les investissements qu’on fait en transport en commun, sur les deux rives, vont révolutionner le transport dans la région, ça aura un impact majeur, dit-il. Il faut reconnaître que maintenant on a aussi une belle occasion de moderniser une infrastructure stratégique qui n’est pas adaptée au transport d’aujourd’hui, située en plein cœur du centre-ville.

Les seules consolations pour le maire de Gatineau dans ce dernier budget du gouvernement Trudeau avant les élections se résument à un fonds de 350 millions $ pour favoriser l’efficacité énergétique dans les bâtiments municipaux, une enveloppe qui pourrait s’avérer intéressante pour la Ville qui s’apprête à reconstruire son parc d’arénas municipaux. Le maire souligne aussi la mise en place d’un fonds de 300 millions $ pour des projets d’écofiscalité dans le logement abordable.