La Ville a jusqu’au 31 janvier prochain pour établir un plan d’action visant à respecter le règlement de la CNESST.

De nouveaux vêtements de protection obligatoires après 10 ans pour les pompiers de Gatineau

Le renouvellement vêtements de protection des pompiers à Gatineau devient obligatoire après dix ans. Selon le syndicat, cette récente décision d’un tribunal administratif pourrait bientôt s’étendre au reste de la province.

La Ville de Gatineau devra être plus assidue dans le renouvellement les vêtements de protection individuelle (VPI) de ses pompiers, indique la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), dans sa décision du 20 décembre.

L’Association des pompiers et pompières de Gatineau (APPG) s’est réjouie de cette décision, qui oblige maintenant l’employeur à changer automatiquement toutes combinaisons et vêtements de protection âgés de dix ans et plus.

Le vice-président du syndicat des pompiers de Gatineau, Mathieu Jolicoeur, est satisfait de la récente décision.

Selon lui, elle doit permettre à ses collègues, et éventuellement aux autres pompiers de la province, d’être équipés selon les mêmes normes qui prévalent aux États-Unis.

« Tout textile se dégrade, dit M. Jolicoeur. Les fils de nos combinaisons, tissés très serrés pour protéger de la chaleur et des éléments, peuvent se dégrader avec le temps. »

Ces VPI comprennent bien sûr les survêtements, mais aussi les casques, les bottes, et les cagoules, précise M. Jolicoeur.

Le vice-président syndical dresse un parallèle avec le règlement municipal obligeant les propriétaires à changer leur détecteur de fumée dix ans après sa fabrication, même s’ils semblent en bon état.

La Ville a jusqu’au 31 janvier pour établir un plan d’action visant à respecter le règlement de la CNESST.

L’APPG souligne d’ailleurs la « très bonne collaboration de la direction du service des incendies ».

Le nouveau directeur du Service des incendies de Gatineau (SIG), Denis Doucet, précise que l’achat de 470 habits, sur une période de cinq ans, coûtera 1,4 million $. « Le service des incendies est allé chercher ce financement en 2017 », explique-t-il.

Selon le directeur Doucet, le reste du Québec — du moins ses grands services des incendies — se dirigeait vers de telles mesures. « De toute façon, c’est là qu’on s’en allait. »

Le SIG procédera à l’achat de 475 nouveaux habits sur cinq ans, soit 185 en février, 185 en avril, et 35 autres par année, les trois années suivantes. Chaque ensemble (n’incluant que le pantalon et le manteau) coûte 2200 $.

« La grande différence est que nous aurons un meilleur accès à des vêtements de rechange, pendant les interventions, ou après des interventions en milieu toxique, nous sommes maintenant tenus de prendre une douche, et de faire laver nos équipements après des interventions, ou pendant des interventions de longue durée. Les éléments toxiques s’accumulent sur les équipements, et il faut les faire nettoyer. S’il nous faut les changer pendant une intervention, il nous faut rapidement une autre bonne protection, c’est-à-dire un équipement de rechange, et pas du vieux matériel, qui risque de laisser passer des éléments dangereux pour notre santé. »