Une vue aérienne d'un quartier de Gatineau inondé au printemps 2019.

Dame Nature fait mal aux finances de Gatineau

Les changements climatiques ont plombé les finances de la Ville de Gatineau en 2019 forçant l’administration à faire le deuil des millions de dollars de surplus anticipés cette année.

Un premier bilan du coût des inondations du printemps dernier a été brossé, lundi matin, en guise d’ouverture de la semaine d’étude du budget 2020. Le service des finances a indiqué que des dépenses de 11,5 millions $ ont été directement reliées à la dernière inondation. Une importante partie (4,3 M$) est allée directement au paiement de salaires pendant la crise. L’hébergement temporaire des sinistrés a aussi forcé la Ville à piger 2,4 millions $ dans ses coffres. 

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La Ville de Gatineau s’attend toutefois à recevoir un somme de 8,5 millions $ du programme d’aide financière mis sur pied par le gouvernement du Québec pour faire face à la catastrophe naturelle, ce qui laisse une somme de 3 millions $ directement à la charge de la Ville de Gatineau. 

Le service des finances a aussi estimé à la hausse les dépenses liées au déneigement pour l’année 2019, marquée par d’importantes chutes de neige et de nombreuses périodes de gel et de dégel. Le printemps dernier, un déficit de 3,6 millions $ avait été annoncé par l’administration. Ce déficit pourrait maintenant atteindre 4,4 millions $ si dame Nature refuse de collaborer d’ici la fin de l’année. 

Tout petit surplus

La Ville avait pourtant été en mesure de dégager un surplus de 5,5 millions $. Transposé sur un budget familial de 80 000 $, ce surplus représente un petit bas de laine de 720 $. Ce surplus venait essentiellement des revenus supérieurs à ceux anticipés provenant des droits de mutation et des revenus de placements qui ont profité de la hausse des taux d’intérêt en 2018. 

Une fois les déficits liés aux inondations et au déneigement appliqués aux sommes excédentaires, le surplus net anticipé pour 2019 n’est plus que de 225 000 $. « C’est mon septième budget et jamais je n’ai vu un si petit surplus net, a noté le président du comité exécutif, Cédric Tessier. On a eu un hiver très rude et un printemps difficile avec les inondations. C’est venu gruger le surplus qu’on s’était préparé. » M. Tessier précise qu’une réserve de 2 millions $ pour les opérations terrain pourrait devoir être mise à contribution afin de conserver un budget équilibré si l’hiver devait être trop hâtif. 

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L’administration avait peu de détails à offrir, lundi, quant à l’avancement des travaux qui pourraient éventuellement mener à une intégration de certains services corporatifs de la Société de transport de l’Outaouais (STO) avec ceux de la Ville de Gatineau dans le but de dégager des économies. 

La directrice générale, Marie-Hélène Lajoie, a fait savoir qu’un mandat a été accordé, le mois dernier, à un consultant qui doit accompagner la Ville dans la réalisation d’un plan de travail et la préparation d’un appel d’offres qui doit être lancé le printemps prochain. 

Les conseillers Daniel Champagne et Gilles Carpentier qui avaient tous deux mis beaucoup de pression, l’an passé, pour que cette recommandation soit traitée de manière accélérée se sont tout de même dits « satisfaits » de l’avancement dans ce dossier. 

« On aurait voulu mon collègue et moi que ça se fasse plus rapidement, mais ce n’était pas le souhait du conseil, rappelle M. Carpentier. Je me conforme au fait que le conseil pensait différemment. Ce qui nous a été donné comme mise à jour aujourd’hui est conforme au mandat qui a été donné à l’administration il y a un an. »