Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Crue printanière: optimisme prudent et revendications à Gatineau

Tout en se réjouissant « prudemment » de la récente décrue, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, souhaite déjà s’assurer qu’une fois les sacs de sable partis, les sinistrés pourront compter sur la présence physique du ministère de la Sécurité publique en Outaouais. « On ne veut pas revivre ce qu’on a vécu la dernière fois », insiste-t-il.

Alors que le Comité de régularisation de la rivière des Outaouais (CRRO) prévoit que les niveaux de la rivière « devraient augmenter à nouveau dans les prochains jours » entre Mattawa et le lac Coulonge, les pointes ont finalement été atteintes en milieu de semaine dans le secteur urbain de la région. Le CRRO souligne toutefois que les niveaux « demeureront élevés au cours des deux prochaines semaines, au minimum ».

Maxime Pedneaud-Jobin sait toutefois très bien que « ça peut changer rapidement », que Gatineau « est toujours à la merci » de pluies abondantes ou de températures accélérant la fonte des neiges dans le nord.

« On va rester mobilisés jusqu’à ce qu’on ait l’absolue certitude qu’il n’y a pas de risque de deuxième crue », assure le maire de Gatineau.

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Les sacs de sable ne sont donc pas sur le point de disparaître des zones inondées. « On l’a vu en 2017, ça peut changer en quelques jours, rappelle-t-il. On espère qu’on ne vivra pas ça, mais tant que ce n’est pas exclu, je dirais aux gens d’attendre notre mot d’ordre avant d’enlever quoi que ce soit. »

Lorsque la phase de rétablissement sera officiellement amorcée, les questions seront nombreuses chez les sinistrés. L’expérience de 2017 fait dire à Maxime Pedneaud-Jobin que le ministère de la Sécurité publique (MSP) se doit de faire les choses différemment.

« Je veux que dès que possible, [le MSP] ait des gens sur le terrain ici pour accompagner les sinistrés dans le nouveau programme d’aide, a mentionné le maire en entrevue. On veut des fonctionnaires […] qui rencontrent les gens en personne jusqu’à tant que les dossiers aient été réglés. »

Une telle façon de faire est « incontournable » pour le maire de Gatineau, qui a déjà discuté du dossier avec le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe.

« On ne veut pas que les gens soient pris à appeler à Québec, à parler à des gens qui ne connaissent pas Gatineau, insiste M. Pedneaud-Jobin. On veut que les fonctionnaires soient sur place pour que les sinistrés aient la chance d’expliquer ce qu’ils vivent, d’expliquer concrètement la situation de leur maison et qu’ils obtiennent des réponses sur le terrain. »

Outre la lourdeur administrative ayant entraîné des délais dans la gestion des dossiers, les sinistrés de 2017 « ne parlaient jamais à la même personne », se souvient M. Pedneaud-Jobin. Alors que plusieurs dossiers de 2017 ne sont pas encore réglés, le maire note que certains sinistrés de l’époque ont dû se résigner à abandonner leur résidence « parce que la maison, de toute façon, ne pouvait plus être rénovée » en raison des délais.

Le maire de Gatineau s’attend toutefois déjà à ce que les quartiers touchés perdent des résidents. Les études devant être réalisées pour essayer de trouver une solution permanente seront longues. « Les décisions, ensuite, vont concerner les trois paliers de gouvernement, précise M. Pedneaud-Jobin. Pour moi, c’est inévitable, il y a des gens qui vont prendre des décisions avant qu’on ait été capable de donner des réponses. On va essayer de le faire le plus vite possible, mais c’est un chantier qui est gigantesque. »

M. Pedneaud-Jobin assure par ailleurs qu’à l’instar de ce qui avait été fait en 2017, la Ville de Gatineau organisera, le moment venu, une corvée de nettoyage pour aider les sinistrés — déjà épuisés — à retirer leurs digues de sacs de sable.