Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a fait une virulente sortie à la suite des propos du patron de l’Office d’habitation de l’Outaouais sur la crise du logement.

Crise du logement: Pedneaud-Jobin réagit aux propos de Courchesne

Les propos tenus dans Le Droit, mercredi, par le directeur général de l’Office d’habitation de l’Outaouais (OHO), Mario Courchesne, ont fait éclater au grand jour une crise qui couvait depuis des années dans le milieu du logement.

En accusant des organismes communautaires de garder vacants des logements subventionnés et en reprochant à la Ville de Gatineau de ne pas avoir suffisamment financé la construction de logements abordables au cours des dernières années, M. Courchesne s’est attiré les foudres du maire Maxime Pedneaud-Jobin. La goutte qui semble faire déborder le vase c’est le refus de l’OHO d’octroyer les 60 subventions d’urgence pour le supplément au loyer récemment accordées par Québec à Gatineau. 

Le maire de Gatineau passe rarement par les médias pour faire connaître son mécontentement envers une organisation partenaire de la Ville. Dans le cas de M. Courchesne et de l’OHO, M. Pedneaud-Jobin a dérogé à ses habitudes, mercredi, comme il ne l’avait encore jamais fait depuis qu’il est maire. 

« Il rame dans la direction opposée [de l’ensemble des partenaires], a lancé le maire. Je ne suis pas surpris de ses déclarations. Elles illustrent le problème qui existe dans le monde du logement. On a un partenaire comme l’Office qui ne joue pas son rôle de collaboration avec l’ensemble des partenaires. Il ne joue pas son rôle de rassembleur. Pire, il jette de l’huile sur le feu à un moment où on n’a pas besoin de ça. On approche du 1er juillet. M. Courchesne devrait tendre la main aux partenaires pour qu’on travaille tous ensemble plutôt que d’attaquer tout le monde. »

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Le maire Pedneaud-Jobin affirme qu’en l’absence d’un office de l’habitation qui accepte de jouer son rôle, c’est la Ville qui doit prendre le relais. « Il y a des villes où les offices rassemblent les gens pour travailler plutôt que de les attaquer, dit le maire. Ici, il y a un climat de méfiance qui existe envers l’office depuis des années. C’est la Ville qui tente de s’assurer qu’on travaille tous ensemble. On doit jouer ce rôle par défaut. »

« Qu’il sorte de son bureau »

En refusant d’octroyer les 60 subventions d’urgence pour le supplément au loyer, M. Courchesne démontre qu’il est déconnecté et qu’il tourne le dos à l’ensemble des partenaires en logement, estime M. Pedneaud-Jobin. « Quand M. Courchesne affirme qu’on n’a pas besoin de mesures d’urgence, je pense qu’il devrait sortir de son bureau pour aller sur le terrain un peu, lance-t-il. Sur le terrain on sait qu’il y a une crise et que les citoyens ont besoin d’aide. Il est le seul à dire ça. Tous les organismes le demandent. Il est encore à contre-courant. »

Le maire reproche aussi à M. Courchesne de vouloir faire porter en partie le blâme à la Ville pour la crise du logement dans laquelle Gatineau est plongée. « Il dit qu’on devrait compenser pour les absences de Québec, rappelle le maire. Peut-être qu’il ne veut pas mordre la main qui le nourrit, mais Québec doit faire sa part ».

Maxime Pedneaud-Jobin ne cache pas avoir entamé des revendications auprès du gouvernement du Québec « par rapport au rôle que l’Office pourrait jouer ». Selon lui, les déclarations de M. Courchesne « s’ajoutent au dossier ».