Un congé de taxes de cinq ans pour les projets de logement abordables a été proposé par OHO, mais la Ville a refusé, affirme M. Courchesne.

Crise du logement: Gatineau aurait dû augmenter son financement « il y a des années »

La Ville de Gatineau aurait pu faire débloquer la construction de logements abordables sur son territoire, mais elle a choisi de ne pas le faire, contrairement à d’autres municipalités qui en ont fait un choix politique, note le directeur général de l’Office d’habitation de l’Outaouais, Mario Courchesne.

La hausse des coûts de construction et la décision de Québec de ne pas indexer le programme Accès Logis ralentit considérablement la réalisation de projets de logements abordables à Gatineau depuis des années. 

«À mon avis, la Ville aurait dû réagir il y a déjà quelques années, estime M. Courchesne. Certaines municipalités ont décidé d’augmenter leur participation dans la construction de logements, mais pas Gatineau.»

M. Courchesne indique que Gatineau consent à financer 15 % des coûts admissibles des projets de logement abordable. 

«Devant la crise qui se préparait, certaines villes ont décidé d’augmenter leur participation à 20 % et 25 %, ce qui a eu comme effet de débloquer des projets, explique-t-il. Gatineau a maintenu sa participation de 15 % et s’est dit que si les projets ne se réalisaient pas c’était à cause de Québec qui n’indexait pas son programme.»

Le directeur d’OHO explique avoir eu plusieurs pourparlers avec la Ville afin de trouver une solution à l’impasse. Un congé de taxes de cinq ans pour les projets de logement abordables a été proposé par OHO, mais la Ville a refusé, affirme M. Courchesne.

«Nous aussi on met de la pression sur le gouvernement, mais aussi sur la Ville, dit-il. On vient de commencer un projet de 30 unités à Aylmer. Ça fait 11 ans qu’on travaille sur ce projet avec la Ville. C’est le tiers de ma carrière ici. La Ville n’a pas voulu ajouter d’argent, alors il fallait attendre. Si on avait réalisé ce projet il y a trois ans, j’aurais 30 logements de plus à offrir à la population aujourd’hui. Il faut arrêter de parler et il faut agir.»