La ministre des Affaires municipales Andrée Laforest recevra bientôt le plan d’action de la Ville de Gatineau par le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Crise du logement en Outaouais: Gatineau dépose son plan

Après des semaines, voire des mois d’analyses, de consultations et de discussions avec les organismes en logement, le maire Maxime Pedneaud-Jobin est prêt à déposer officiellement à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, une liste de demandes précises et chiffrées pour sortir Gatineau de la crise du logement — la pire au Québec — dans laquelle la ville est plongée.

Cela aura lieu ce jeudi matin, lors d’une rencontre de travail avec la ministre Laforest qui est de passage dans la région pour notamment visiter le chantier du futur complexe de quatre glaces à place de la Cité. Le maire Pedneaud-Jobin sera accompagné pour l’occasion par des représentants du milieu communautaire œuvrant dans le logement avec qui il fera front commun.

Le Droit a appris que Gatineau demandera, entre autres, de doubler l’octroi habituel d’unités du Programme de soutien au logement (PSL), ce qui pourrait permettre de reloger jusqu’à 120 ménages dans des logements du secteur privé. La Ville demande aussi à Québec d’ajouter 60 autres PSL d’urgence afin de répondre aux besoins immédiats exacerbés par les inondations.

Le maire Pedneaud-Jobin confirme cette information et ajoute qu’il sera en plus demandé au gouvernement de tenir compte de la réalité du marché gatinois où le loyer médian est parmi les plus élevés au Québec. Ainsi, Gatineau souhaiterait que les montants versés par unité de PSL soient conformes aux prix réels du marché, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Afin de convaincre les propriétaires de logements d’accueillir des ménages profitant de PSL, il sera aussi demandé au gouvernement de bonifier le financement pour le soutien communautaire. Le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy, chiffre cette demande à environ 5 millions $.

« Je ne veux pas commenter ce chiffre, mais ça prend de l’aide supplémentaire pour le soutien communautaire, affirme le maire. Les ressources des organismes pour ça n’ont pas été augmentées depuis longtemps. Il y a des gens à risque d’itinérance, qui vivent des enjeux de toxicomanie ou de santé mentale. Pour ces gens, le soutien communautaire est essentiel au maintien en logement. C’est d’ailleurs souvent le plus gros argument pour convaincre un propriétaire qui ne se sentira pas laissé à lui-même avec des locataires qui ont des problèmes qu’il ne connaît pas. C’est un propriétaire, pas un intervenant. »

AccèsLogis

Le maire Pedneaud-Jobin reviendra aussi avec une demande historique de la Ville de Gatineau, à savoir la bonification du programme AccèsLogis afin que le financement octroyé pour la construction de logements abordables corresponde aux coûts de construction de 2019.

Des centaines d’unités de logement sont actuellement mises sur la glace en raison de ce décalage d’une décennie entre le financement et les coûts réels de construction. Mais Gatineau irait encore plus loin que la simple indexation du programme.

« Ce qu’on défend c’est que le programme soit adapté aux réalités des différents marchés plutôt que d’avoir du mur-à-mur, précise le maire. En étant à proximité d’Ottawa, le coût des loyers est plus élevé ici. Un coût de construction qui s’applique à tout le Québec n’est pas adéquat pour nous. Les analyses sont en cours pour ça à Québec. Pouvoir tenir compte des réalités locales est central. »

M. Roy admet que les demandes envers Québec sont élevées. « Mais il faut qu’il se passe quelque chose », dit-il. La ministre ne peut pas repartir sans résultat. »

Le maire Pedneaud-Jobin dit ne pas s’attendre à des annonces de la ministre Laforest à la fin de la rencontre.

« Elle va prendre le temps, il y aura différentes analyses à faire, dit-il. Le gouvernement comprend l’urgence de la situation à Gatineau. C’est certain que le 1er juillet est une date importante pour nous, mais je pense que des choses peuvent se faire avant ça. »